Aujourd'hui (26 avril) c'est la journée de l'asexualité, organisée par AVA. Allez-voir les contributions sur le site de la journée !
Perspectives sur l'amour, le sexe et l'amitié, en direct de la florissante communauté asexuelle
Affichage des articles dont le libellé est asexualité. Afficher tous les articles
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26 avr. 2013
Journée de l'asexualité
Aujourd'hui (26 avril) c'est la journée de l'asexualité, organisée par AVA. Allez-voir les contributions sur le site de la journée !
Libellés :
asexualité,
asexuels,
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visibilité
13 nov. 2012
L'asexualité est queer
Si vous ne connaissez pas encore l'Association pour la Visibilité Asexuelle, c'est le moment d'aller découvrir !
Ce qui suit est une traduction de Asexuality is queer, publié par Miller en septembre 2010.
Depuis un moment, je voulais écrire sur la relation entre les asexuels et la communauté queer. Ce sujet m'est cher, parce que je vis dans cette intersection. Je suis ouvertement gay et asexuel (ou plus précisément, entre les deux). Il est clair qu'il est dans mon intérêt que ces groupes s'entendent bien et soient les alliés l'un de l'autre. Mais je pense aussi que ces groupes devraient se rapprocher parce qu'ils font chacun progresser la cause de l'autre.
L'idéal queer est d'inclure radicalement toutes les minorités sexuelles et de genre. Cela ne veut pas seulement dire les gays, les lesbiennes, les bis et les transgenres. Ça veut dire la pansexualité, l'intersexualité, le polyamour, le fétichisme, les remises en question, la fluidité, l'asexualité, et l'intersection de toutes ces minorités avec le genre, l'origine ethnique, le handicap, la classe sociale, et tout ce que vous pouvez imaginer. L'idéal queer est de faire exploser toutes les fausses divisions binaires et les normes sociétales qui désavantagent excessivement ces minorités. C'est le rêve impossible.
Les asexuels font partie de ce rêve, mais pas juste parce que c'est une minorité sexuelle. Ce n'est pas non plus parce qu'il y a une intersection entre les asexuels et ces autres minorités, même s'il y a effectivement une grosse intersection.
L'asexualité fait partie du rêve impossible parce qu'elle remet en question beaucoup d'idées profondément ancrées sur la sexualité et les relations. Elle contredit l'idée que le sexe et l'amour vont toujours ensemble. On le sait tous déjà plus ou moins, inconsciemment, mais il n'y a pas de démonstration plus claire que l'existence de gens qui ont des sentiments amoureux mais pas de désir sexuel. Et évidemment les relations non sexuelles ne sont pas plus "pures" ; c'est juste comme ça que sont les gens, ça n'a rien à voir avec la vertu.
L'asexualité nous pousse à parler sérieusement de la fluidité. Les gens supposent souvent que les asexuels ont juste une maturité sexuelle tardive, ou qu'ils ou elles n'ont pas rencontré la bonne personne. Ces personnes ont une vision très naïve de la fluidité, comme si tout le monde changeait constamment, mais changeait dans des directions spécifiques, en rentrant dans des normes spécifiques. Beaucoup d'asexuels ne changent pas, mais quelques uns changent. Et ce n'est pas gênant, parce que les gens peuvent s'identifier d'une certaine façon sans avoir à s'engager définitivement avec une certitude absolue. Le mieux qu'on puisse faire est de proposer des espaces où les gens sont autorisés à se poser des questions sur eux, et où de nouvelles découvertes de soi sont acceptées, et même félicitées. La fluidité n'est pas une trahison, après tout.
L'asexualité contredit l'idée que les relations sexuelles et amoureuses sont la forme ultime des relations interpersonnelles et du succès. Si c'est le cas, pourquoi des gens se portent très bien sans ? Les relations sexuelles sont considérées comme l'unique et la meilleure source d'intimité dans nos vies, alors qu'en fait il existe d'autres sources. On a des amis, on fait partie de communautés, et on peut créer de nouvelles relations qui sont inclassables comme amitiés ou comme relations amoureuses. De la même façon que les homos ont ouvert de nouvelles possibilités pour les relations sexuelles, les asexuels ont le pouvoir d'ouvrir de nouvelles possibilités pour les relations non sexuelles.
Malheureusement, le rêve impossible n'est pas là, et les asexuels le savent. La communauté asexuelle est divisée entre les gens qui veulent faire partie du mouvement queer, et les gens qui ne veulent pas (manifestement, je suis radicalement avec les premiers). Quand on demande aux gens du second groupe pourquoi, ils donnent trois raisons. La première raison, c'est qu'ils ne sont pas gays, et donc ne font pas partie de la communauté gay. Je trouve que c'est triste, parce que ça veut dire que la communauté queer rate tellement son objectif d'inclusivité radicale que les gens ne la voient comme rien de plus qu'un groupe de gens homos.
La deuxième raison, c'est qu'ils trouvent qu'on a besoin d'espaces distincts. Cette objection vient juste d'un simple malentendu. Je ne milite pas pour qu'on dissolve nos différentes communautés et qu'on fusionne en un tout amorphe. Je suis pour qu'on soit tous alliés et amis, pour qu'on se battent pour les causes les uns des autres, et pour rendre nos espaces respectifs accueillants les uns pour les autres.
La troisième raison que les gens donnent, c'est qu'ils ont essayé de participer à un groupe queer, mais que ça ne s'est pas bien passé. Beaucoup d'asexuels, en découvrant le concept la première fois, pensent d'abord que l'endroit où aller est la communauté queer. Et quand ils y vont, ils découvrent que certains groupes queer ne sont pas plus tolérants que n'importe qui d'autre. Parfois ils sont pro-sexe de la manière la plus naïve qui soit. Souvent c'est simplement de l'ignorance, et rarement, de l'ignorance délibérée.
Il y a un problème plus difficile qui est le thème de ces groupes. Ils sont très axés sur le sexe. Et c'est très bien, jusqu'au moment où c'est à l'exclusion de tout le reste. Quand c'est la seule chose qui existe, je trouve que ça dénote un manque d'imagination.
Et au cas où tout ça paraîtrait sans espoir, laissez-moi vous dire une chose : je suis en train d'écrire ceci depuis un lieu queer à l'instant. Je suis assis dans une résidence universitaire aux couleurs LGBT, où je profite souvent des repas et d'internet. J'aime vraiment cet endroit. Je reconnais que si je me sens bien dans des endroits queers, c'est grâce à une série de circonstances heureuses. Mais certaines circonstances ne sont pas dues au hasard ! C'est le hasard si je suis suffisamment privilégié pour pouvoir aller à l'université, mais ce n'est pas le hasard si les groupes queers universitaires réussissent si bien à être radicalement inclusifs. C'est le résultats d'efforts continus et intentionnels. Continuons comme ça !
Ce qui suit est une traduction de Asexuality is queer, publié par Miller en septembre 2010.
Depuis un moment, je voulais écrire sur la relation entre les asexuels et la communauté queer. Ce sujet m'est cher, parce que je vis dans cette intersection. Je suis ouvertement gay et asexuel (ou plus précisément, entre les deux). Il est clair qu'il est dans mon intérêt que ces groupes s'entendent bien et soient les alliés l'un de l'autre. Mais je pense aussi que ces groupes devraient se rapprocher parce qu'ils font chacun progresser la cause de l'autre.
L'idéal queer est d'inclure radicalement toutes les minorités sexuelles et de genre. Cela ne veut pas seulement dire les gays, les lesbiennes, les bis et les transgenres. Ça veut dire la pansexualité, l'intersexualité, le polyamour, le fétichisme, les remises en question, la fluidité, l'asexualité, et l'intersection de toutes ces minorités avec le genre, l'origine ethnique, le handicap, la classe sociale, et tout ce que vous pouvez imaginer. L'idéal queer est de faire exploser toutes les fausses divisions binaires et les normes sociétales qui désavantagent excessivement ces minorités. C'est le rêve impossible.
Les asexuels font partie de ce rêve, mais pas juste parce que c'est une minorité sexuelle. Ce n'est pas non plus parce qu'il y a une intersection entre les asexuels et ces autres minorités, même s'il y a effectivement une grosse intersection.
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| Une décomposition de la communauté sur AVEN. Il faut être prudent, puisque ça ne repose que sur deux sondages sur internet, mais on n'aura pas de données vraiment meilleures que celles-là avant longtemps. "Romantic orientation" indique avec des personnes de quel(s) genre(s) les asexuels sont enclins à former des relations amoureuses. "Assigned" fait référence au sexe (garçon ou fille) qui a été assigné à la naissance. "Cis" veut dire que l'identité de genre correspond au sexe assigné à la naissance. |
L'asexualité fait partie du rêve impossible parce qu'elle remet en question beaucoup d'idées profondément ancrées sur la sexualité et les relations. Elle contredit l'idée que le sexe et l'amour vont toujours ensemble. On le sait tous déjà plus ou moins, inconsciemment, mais il n'y a pas de démonstration plus claire que l'existence de gens qui ont des sentiments amoureux mais pas de désir sexuel. Et évidemment les relations non sexuelles ne sont pas plus "pures" ; c'est juste comme ça que sont les gens, ça n'a rien à voir avec la vertu.
L'asexualité nous pousse à parler sérieusement de la fluidité. Les gens supposent souvent que les asexuels ont juste une maturité sexuelle tardive, ou qu'ils ou elles n'ont pas rencontré la bonne personne. Ces personnes ont une vision très naïve de la fluidité, comme si tout le monde changeait constamment, mais changeait dans des directions spécifiques, en rentrant dans des normes spécifiques. Beaucoup d'asexuels ne changent pas, mais quelques uns changent. Et ce n'est pas gênant, parce que les gens peuvent s'identifier d'une certaine façon sans avoir à s'engager définitivement avec une certitude absolue. Le mieux qu'on puisse faire est de proposer des espaces où les gens sont autorisés à se poser des questions sur eux, et où de nouvelles découvertes de soi sont acceptées, et même félicitées. La fluidité n'est pas une trahison, après tout.
L'asexualité contredit l'idée que les relations sexuelles et amoureuses sont la forme ultime des relations interpersonnelles et du succès. Si c'est le cas, pourquoi des gens se portent très bien sans ? Les relations sexuelles sont considérées comme l'unique et la meilleure source d'intimité dans nos vies, alors qu'en fait il existe d'autres sources. On a des amis, on fait partie de communautés, et on peut créer de nouvelles relations qui sont inclassables comme amitiés ou comme relations amoureuses. De la même façon que les homos ont ouvert de nouvelles possibilités pour les relations sexuelles, les asexuels ont le pouvoir d'ouvrir de nouvelles possibilités pour les relations non sexuelles.
Malheureusement, le rêve impossible n'est pas là, et les asexuels le savent. La communauté asexuelle est divisée entre les gens qui veulent faire partie du mouvement queer, et les gens qui ne veulent pas (manifestement, je suis radicalement avec les premiers). Quand on demande aux gens du second groupe pourquoi, ils donnent trois raisons. La première raison, c'est qu'ils ne sont pas gays, et donc ne font pas partie de la communauté gay. Je trouve que c'est triste, parce que ça veut dire que la communauté queer rate tellement son objectif d'inclusivité radicale que les gens ne la voient comme rien de plus qu'un groupe de gens homos.
La deuxième raison, c'est qu'ils trouvent qu'on a besoin d'espaces distincts. Cette objection vient juste d'un simple malentendu. Je ne milite pas pour qu'on dissolve nos différentes communautés et qu'on fusionne en un tout amorphe. Je suis pour qu'on soit tous alliés et amis, pour qu'on se battent pour les causes les uns des autres, et pour rendre nos espaces respectifs accueillants les uns pour les autres.
La troisième raison que les gens donnent, c'est qu'ils ont essayé de participer à un groupe queer, mais que ça ne s'est pas bien passé. Beaucoup d'asexuels, en découvrant le concept la première fois, pensent d'abord que l'endroit où aller est la communauté queer. Et quand ils y vont, ils découvrent que certains groupes queer ne sont pas plus tolérants que n'importe qui d'autre. Parfois ils sont pro-sexe de la manière la plus naïve qui soit. Souvent c'est simplement de l'ignorance, et rarement, de l'ignorance délibérée.
Il y a un problème plus difficile qui est le thème de ces groupes. Ils sont très axés sur le sexe. Et c'est très bien, jusqu'au moment où c'est à l'exclusion de tout le reste. Quand c'est la seule chose qui existe, je trouve que ça dénote un manque d'imagination.
Et au cas où tout ça paraîtrait sans espoir, laissez-moi vous dire une chose : je suis en train d'écrire ceci depuis un lieu queer à l'instant. Je suis assis dans une résidence universitaire aux couleurs LGBT, où je profite souvent des repas et d'internet. J'aime vraiment cet endroit. Je reconnais que si je me sens bien dans des endroits queers, c'est grâce à une série de circonstances heureuses. Mais certaines circonstances ne sont pas dues au hasard ! C'est le hasard si je suis suffisamment privilégié pour pouvoir aller à l'université, mais ce n'est pas le hasard si les groupes queers universitaires réussissent si bien à être radicalement inclusifs. C'est le résultats d'efforts continus et intentionnels. Continuons comme ça !
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9 nov. 2012
Création de l'Association pour la Visibilité Asexuelle
Chers lecteurs,
Si je n'ai pas beaucoup traduit ce dernier mois, il y a une explication (sisi !) : j'ai participé à la création de l'Association pour la Visibilité Asexuelle, et en particulier à la mise en place de son site.
Si je n'ai pas beaucoup traduit ce dernier mois, il y a une explication (sisi !) : j'ai participé à la création de l'Association pour la Visibilité Asexuelle, et en particulier à la mise en place de son site.
AVA – l'Association pour la Visibilité Asexuelle – entend donner une voix aux personnes asexuelles. Elle s'engage à favoriser la reconnaissance de l'asexualité comme une orientation sexuelle à part entière et à fournir à chacune et à chacun les outils nécessaires pour mieux comprendre l'asexualité et se comprendre soi-même.
Pour ceux qui connaissait l'ancienne AVA, on a repris son nom puisque nos objectifs étaient les mêmes : faire connaître l'asexualité en tant qu'orientation sexuelle, dire que les asexuel·le·s ne sont pas "cassé·e·s" ou malades, et permettre aux asexuel·le·s qui s'ignorent de mieux se comprendre.
Je vous invite à regarder le site, à nous dire ce que vous en pensez, et à le faire partager à tous vos ami·e·s qui ne rêvaient que de la création de cette association. (non ?)
Et en plus de ça, vous êtes convié·e·s à la Mutinerie le 18 novembre prochain à 17h, parce qu'AVA (ok, CalinLapin et moi) y fera une présentation/discussion sur l'asexualité. L'évènement facebook est ici, inscrivez-vous !
Ajout post-présentation : le compte-rendu est ici.Je vous invite à regarder le site, à nous dire ce que vous en pensez, et à le faire partager à tous vos ami·e·s qui ne rêvaient que de la création de cette association. (non ?)
Et en plus de ça, vous êtes convié·e·s à la Mutinerie le 18 novembre prochain à 17h, parce qu'AVA (ok, CalinLapin et moi) y fera une présentation/discussion sur l'asexualité. L'évènement facebook est ici, inscrivez-vous !
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18 oct. 2012
Comment les médias voient l'asexualité
Ceci est une traduction de Media imagery of asexuality, posté en avril dernier par aceupyoursleeve.
Récemment il y eu une discussion à propos de la couverture d'une potentielle anthologie d'histoires d'amour asexuelles, The Heart of Aces. Tout a déjà été dit, mais ça m'a rappelé autre chose que je voulais faire. Donc voici une analyse des images que les médias considèrent appropriées pour illustrer des articles sur l'asexualité, parce qu'elles ont l'air de tomber dans plusieurs catégories, donc je peux peut-être en apprendre quelque chose. Je mettrai les liens des articles, mais ce n'est pas une critique de ce qu'ils disent ; ce qui m'intéresse, c'est le type d'image qu'ils utilisent. Et après chaque catégorie, je ferai un commentaire sur ce que je crois avoir appris de l'asexualité d'après l'image, et (pour les gens peu au courant de l'asexualité) pourquoi je trouve que ça fonctionne ou pas, dans l'éventualité où des gens googleraient frénétiquement en ce moment pour trouver l'inspiration pour le type de photos qui accompagnera leur article sur l'asexualité.
Pour ceux d'entre vous qui ont plus un penchant visuel, j'ai fait un système simple qui évalue comment ces représentations visuelles me font me sentir moi, parce que sinon quelqu'un de perdu serait capable de rater carrément ce que je veux dire :
Le camp des gens sans sexe ou en plastique
C'est la catégorie la plus ridicule, parce que j'imagine des journalistes s'énerver et s'écrier "On n'a pas la moindre idée du type d'image qui serait approprié ici. Pas de sexe ? Essayez une barbie, elles n'ont pas de sexe. Ou une poupée !" En fin de compte, c'est une catégorie désastreusement répandue.
Ce que j'ai appris : Les asexuels n'ont pas d'organes sexuels.
Pourquoi les poupées en plastique ne marchent pas : Ces images n'ont aucun rapport ! Je ne suis pas né-e dans une boîte avec des sous-vêtements en plastique imbriqués à mon corps. L'histoire devrait s'arrêter là, mais j'ai entendu parler de manuels sur la sexualité qui répandent l'idée qu'être asexuel veut dire être né-e sans organes sexuels, donc s'il vous plaît n'aidez pas cette erreur à se propager encore plus. Si ce que je dis vous surprend, voici des sites sur l'asexualité. Allez plutôt lire ça, vous avez des choses à apprendre.
En résumé : On est vraiment dans le n'importe quoi, si vous en êtes réduit à mettre une poupée en plastique pour représenter une minorité sexuelle, vous feriez mieux de ne pas mettre d'image du tout.
~~~~
Le camp des couples sortis des banques d'images
Ceux-là méritent leurs propres commentaires. Certains sont ce que j'appelle des "couples indifférents", d'autres sont des "couples à-bonne-distance", mais je vous laisserai le soin de décider lesquels sont quoi.
Un hipster refuse d'excellents chocolats de Saint-Valentin, ou, comme dit de manière éloquente la recherche par image de Google, "rejeter quelqu'un". Image aussi utilisée pour "Comment dire non à quelqu'un avec classe le jour de la Saint-Valentin", "J'ai demandé à quelqu'un s'il voulait sortir avec moi et il a dit oui ...pour blaguer", "Est-il un bourreau des cœurs ?", et "Vous vous trouvez nul en amour ?"
Ce que j'ai appris : Les A refusent votre amour et/ou vos chocolats.
C'est l'image "Pieds d'un couple au lit. Séparation et divorce" ! Généralement mise avec des textes sur les problèmes d'érection et autres dysfonctionnements sexuels.
Ce que j'ai appris : Les couples asexuels sont incapables d'acheter des draps suffisamment longs.
Shutterstock appelle cette photo "La jeune femme malheureuse avec une migraine et son joyeux mari regardant la télé au lit. Le conflit familial" Au premier abord, il n'a pas l'air très joyeux, mais je vous assure, c'est comme ça qu'un asexuel sourit.
Ce que j'ai appris : L'asexualité est causée par desmaux de têtes serre-têtes chroniques.
C'est l'image "jeune couple se souriant au bord de l'eau". Ils se touchent intimement par l'extrémité du coude. Cette photo est aussi disponible en couleur, mais je ne peux pas le savoir parce qu'en tant qu'asexuel-le, je ne vois qu'en niveaux de gris. Au moins ils ont l'air assez heureux. C'est peut-être parce qu'ils ont une piscine infinie.
Ce que j'ai appris : Malgré notre mode de vie incolore, les asexuel arrivent à sourire.
Shutterstock explique : "Portrait d'un jeune homme malheureux assis seul pendant que sa femme dort dans le lit". Aussi vue avec "4 signes que vous utilisez le sexe comme une arme" et divers articles sur l'éjaculation précoce.
Ce que j'ai appris : Je commence à me dire que le couple aux pieds et le couple à la migraine doivent être bien jaloux de la femme de ce gars. Elle doit être la seule à bien dormir dans le coin.
Enfin un couple heureux ! Ils s'habillent pareil, se tiennent la main, et sont aussi loin que possible l'un de l'autre sans se fatiguer le bras.
Ce que j'ai appris : La distance et la coordination des couleurs sont les clés de l'harmonie dans une relation asexuelle. Pas mal, mais ne vous rapprochez surtout pas !
Voici un couple qui se regarde avec appréhension à travers l'espace entre leurs lits jumeaux, dans un mièvre bonheur conjugal.
Ce que j'ai appris : Les couples asexuels vivent dans les années 50 et choisissent des couleurs ternes pour leurs habits et leurs décors.
Pourquoi les couples indifférents ou à-bonne-distance des banques d'images ne marchent pas : Les asexuels ne vivent généralement pas une vie sans passion, et on ne passe pas tout notre temps sur des draps blancs à ruminer toutes ces relations sexuelles qu'on a soi-disant pas. Si vous pensez utiliser une photo qui va d'habitude avec les articles sur le divorce et les problèmes d'érection, pour un article basique type "L'asexualité existe", essayez de réfléchir une minute à pourquoi ça pourrait être problématique. L'autre lecture de beaucoup de ces photos est que une seule personne dans chaque couple est asexuelle et qu'ils se rendent malheureux l'un l'autre à cause de ça, ce qui n'est pas une insinuation très sympathique pour les asexuels et leurs partenaires. Une personne asexuelle peut très bien avoir autant envie d'intimité que n'importe qui, et peut avoir des relations sexuelles ou non. Bien sûr les asexuels aromantiques ne sont pas représentés par ces images se concentrant sur le couple classique, et toutes ces images donnent une vision hétéronormative, alors que dans la communauté asexuelle, ce n'est pas le cas. Quelqu'un de plus intelligent que moi pourrait écrire des pages là-dessus.
En résumé : Par pitié, ne projetez pas ce que vous imaginez sur nos relations.
~~~~
Le camp des demoiselles grises et tristes
C'est un camp qui émerge ; je ne pense pas que ce soit vraiment un camp encore, et ça n'en deviendra peut-être pas un. Ouvrez l’œil pour voir s'il devient quelque chose de cette catégorie naissante. La première demoiselle grise a un mur en stuc à caresser. La deuxième n'a pas de mur, alors elle est encore plus triste.
Ce que j'ai appris : Les asexuels sont délicats, pâles, et nus.
Pourquoi les demoiselles grises et tristes ne marchent pas : En fait, personnellement je suis plutôt pâle. Vous avez raison là-dessus.
En résumé : Ça n'a rien à voir avec mon orientation sexuelle.
~~~~
Alors comment se place The Heart of Aces ?
Je dirais que c'est un mix entre le couple indifférent tiré d'une banque d'images et les demoiselles grises et tristes. On a les draps blancs, la main dans la main à distance et les vêtements assortis des couples de banque d'images, avec la pâleur, la nudité et le malaise des demoiselles grises. On peut aussi y voir les gens en plastique ; elles sont un peu raides et étonnamment désexualisées pour des gens en lingerie sexy.
~~~~
J'ai gardé le meilleur pour la fin, le camp des photos d'asexuel-les :
C'est mon camp préféré parce qu'on est dans le domaine du réel, et que les draps blancs sont réduits au minimum. On a des couples A, des relations sexuel-asexuel, des asexuel-le-s aromantiques, des homo-romantiques, etc. Il y a eu une inquiétude pour la couverture de Heart of Aces, et je voudrais soulever le problème ici. J'ai bien regardé s'il y avait des articles de médias avec des personnes de couleur asexuelles représentées sur les photos, et j'ai vraiment eu du mal à en trouver. Siggy en parle, et il y a un tumblr ici.
Ce que j'ai appris : Je suppose que les médias ont du mal à illustrer l'asexualité parce que si vous prenez une photo d'un-e asexuel-le, c'est juste une photo d'une personne, et ce n'est probablement pas assez intriguant. C'est possible aussi qu'ils n'aient pas facilement accès à des photos de vrai-e-s asexuel-le-s, bien que je ne trouve pas que ce soit une excuse pour mettre une image qui n'a aucun rapport avec nous.
Pourquoi ça marche : C'est très simple. Les personnes asexuelles sont des personnes réelles.
Récemment il y eu une discussion à propos de la couverture d'une potentielle anthologie d'histoires d'amour asexuelles, The Heart of Aces. Tout a déjà été dit, mais ça m'a rappelé autre chose que je voulais faire. Donc voici une analyse des images que les médias considèrent appropriées pour illustrer des articles sur l'asexualité, parce qu'elles ont l'air de tomber dans plusieurs catégories, donc je peux peut-être en apprendre quelque chose. Je mettrai les liens des articles, mais ce n'est pas une critique de ce qu'ils disent ; ce qui m'intéresse, c'est le type d'image qu'ils utilisent. Et après chaque catégorie, je ferai un commentaire sur ce que je crois avoir appris de l'asexualité d'après l'image, et (pour les gens peu au courant de l'asexualité) pourquoi je trouve que ça fonctionne ou pas, dans l'éventualité où des gens googleraient frénétiquement en ce moment pour trouver l'inspiration pour le type de photos qui accompagnera leur article sur l'asexualité.
Pour ceux d'entre vous qui ont plus un penchant visuel, j'ai fait un système simple qui évalue comment ces représentations visuelles me font me sentir moi, parce que sinon quelqu'un de perdu serait capable de rater carrément ce que je veux dire :
Le camp des gens sans sexe ou en plastique
C'est la catégorie la plus ridicule, parce que j'imagine des journalistes s'énerver et s'écrier "On n'a pas la moindre idée du type d'image qui serait approprié ici. Pas de sexe ? Essayez une barbie, elles n'ont pas de sexe. Ou une poupée !" En fin de compte, c'est une catégorie désastreusement répandue.
Ce que j'ai appris : Les asexuels n'ont pas d'organes sexuels.
Pourquoi les poupées en plastique ne marchent pas : Ces images n'ont aucun rapport ! Je ne suis pas né-e dans une boîte avec des sous-vêtements en plastique imbriqués à mon corps. L'histoire devrait s'arrêter là, mais j'ai entendu parler de manuels sur la sexualité qui répandent l'idée qu'être asexuel veut dire être né-e sans organes sexuels, donc s'il vous plaît n'aidez pas cette erreur à se propager encore plus. Si ce que je dis vous surprend, voici des sites sur l'asexualité. Allez plutôt lire ça, vous avez des choses à apprendre.
En résumé : On est vraiment dans le n'importe quoi, si vous en êtes réduit à mettre une poupée en plastique pour représenter une minorité sexuelle, vous feriez mieux de ne pas mettre d'image du tout.
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Le camp des couples sortis des banques d'images
Ceux-là méritent leurs propres commentaires. Certains sont ce que j'appelle des "couples indifférents", d'autres sont des "couples à-bonne-distance", mais je vous laisserai le soin de décider lesquels sont quoi.
Un hipster refuse d'excellents chocolats de Saint-Valentin, ou, comme dit de manière éloquente la recherche par image de Google, "rejeter quelqu'un". Image aussi utilisée pour "Comment dire non à quelqu'un avec classe le jour de la Saint-Valentin", "J'ai demandé à quelqu'un s'il voulait sortir avec moi et il a dit oui ...pour blaguer", "Est-il un bourreau des cœurs ?", et "Vous vous trouvez nul en amour ?"
Ce que j'ai appris : Les A refusent votre amour et/ou vos chocolats.
C'est l'image "Pieds d'un couple au lit. Séparation et divorce" ! Généralement mise avec des textes sur les problèmes d'érection et autres dysfonctionnements sexuels.
Ce que j'ai appris : Les couples asexuels sont incapables d'acheter des draps suffisamment longs.
Shutterstock appelle cette photo "La jeune femme malheureuse avec une migraine et son joyeux mari regardant la télé au lit. Le conflit familial" Au premier abord, il n'a pas l'air très joyeux, mais je vous assure, c'est comme ça qu'un asexuel sourit.
Ce que j'ai appris : L'asexualité est causée par des
C'est l'image "jeune couple se souriant au bord de l'eau". Ils se touchent intimement par l'extrémité du coude. Cette photo est aussi disponible en couleur, mais je ne peux pas le savoir parce qu'en tant qu'asexuel-le, je ne vois qu'en niveaux de gris. Au moins ils ont l'air assez heureux. C'est peut-être parce qu'ils ont une piscine infinie.
Ce que j'ai appris : Malgré notre mode de vie incolore, les asexuel arrivent à sourire.
Shutterstock explique : "Portrait d'un jeune homme malheureux assis seul pendant que sa femme dort dans le lit". Aussi vue avec "4 signes que vous utilisez le sexe comme une arme" et divers articles sur l'éjaculation précoce.
Ce que j'ai appris : Je commence à me dire que le couple aux pieds et le couple à la migraine doivent être bien jaloux de la femme de ce gars. Elle doit être la seule à bien dormir dans le coin.
Enfin un couple heureux ! Ils s'habillent pareil, se tiennent la main, et sont aussi loin que possible l'un de l'autre sans se fatiguer le bras.
Ce que j'ai appris : La distance et la coordination des couleurs sont les clés de l'harmonie dans une relation asexuelle. Pas mal, mais ne vous rapprochez surtout pas !
Voici un couple qui se regarde avec appréhension à travers l'espace entre leurs lits jumeaux, dans un mièvre bonheur conjugal.
Ce que j'ai appris : Les couples asexuels vivent dans les années 50 et choisissent des couleurs ternes pour leurs habits et leurs décors.
Pourquoi les couples indifférents ou à-bonne-distance des banques d'images ne marchent pas : Les asexuels ne vivent généralement pas une vie sans passion, et on ne passe pas tout notre temps sur des draps blancs à ruminer toutes ces relations sexuelles qu'on a soi-disant pas. Si vous pensez utiliser une photo qui va d'habitude avec les articles sur le divorce et les problèmes d'érection, pour un article basique type "L'asexualité existe", essayez de réfléchir une minute à pourquoi ça pourrait être problématique. L'autre lecture de beaucoup de ces photos est que une seule personne dans chaque couple est asexuelle et qu'ils se rendent malheureux l'un l'autre à cause de ça, ce qui n'est pas une insinuation très sympathique pour les asexuels et leurs partenaires. Une personne asexuelle peut très bien avoir autant envie d'intimité que n'importe qui, et peut avoir des relations sexuelles ou non. Bien sûr les asexuels aromantiques ne sont pas représentés par ces images se concentrant sur le couple classique, et toutes ces images donnent une vision hétéronormative, alors que dans la communauté asexuelle, ce n'est pas le cas. Quelqu'un de plus intelligent que moi pourrait écrire des pages là-dessus.
En résumé : Par pitié, ne projetez pas ce que vous imaginez sur nos relations.
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Le camp des demoiselles grises et tristes
C'est un camp qui émerge ; je ne pense pas que ce soit vraiment un camp encore, et ça n'en deviendra peut-être pas un. Ouvrez l’œil pour voir s'il devient quelque chose de cette catégorie naissante. La première demoiselle grise a un mur en stuc à caresser. La deuxième n'a pas de mur, alors elle est encore plus triste.
Ce que j'ai appris : Les asexuels sont délicats, pâles, et nus.
Pourquoi les demoiselles grises et tristes ne marchent pas : En fait, personnellement je suis plutôt pâle. Vous avez raison là-dessus.
En résumé : Ça n'a rien à voir avec mon orientation sexuelle.
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Alors comment se place The Heart of Aces ?
Je dirais que c'est un mix entre le couple indifférent tiré d'une banque d'images et les demoiselles grises et tristes. On a les draps blancs, la main dans la main à distance et les vêtements assortis des couples de banque d'images, avec la pâleur, la nudité et le malaise des demoiselles grises. On peut aussi y voir les gens en plastique ; elles sont un peu raides et étonnamment désexualisées pour des gens en lingerie sexy.
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J'ai gardé le meilleur pour la fin, le camp des photos d'asexuel-les :
C'est mon camp préféré parce qu'on est dans le domaine du réel, et que les draps blancs sont réduits au minimum. On a des couples A, des relations sexuel-asexuel, des asexuel-le-s aromantiques, des homo-romantiques, etc. Il y a eu une inquiétude pour la couverture de Heart of Aces, et je voudrais soulever le problème ici. J'ai bien regardé s'il y avait des articles de médias avec des personnes de couleur asexuelles représentées sur les photos, et j'ai vraiment eu du mal à en trouver. Siggy en parle, et il y a un tumblr ici.
Ce que j'ai appris : Je suppose que les médias ont du mal à illustrer l'asexualité parce que si vous prenez une photo d'un-e asexuel-le, c'est juste une photo d'une personne, et ce n'est probablement pas assez intriguant. C'est possible aussi qu'ils n'aient pas facilement accès à des photos de vrai-e-s asexuel-le-s, bien que je ne trouve pas que ce soit une excuse pour mettre une image qui n'a aucun rapport avec nous.
Pourquoi ça marche : C'est très simple. Les personnes asexuelles sont des personnes réelles.
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6 oct. 2012
BD - Le placard asexuel
Comme promis en mars, voici le retour du webcomic Poly in Pictures de Lotte Lodge, qui parle de polyamour, d'(a)sexualité et de genre, et que je vous conseille toujours fortement. J'ai traduit le numéro 38, Asexual Closet.
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29 sept. 2012
2012 : Intégration des asexuels dans les mouvements LGBTQ
La semaine dernière, David Jay (pour ceux qui ne suivraient pas, c'est le fondateur d'AVEN) a fait une vidéo où il explique ce qui s'est passé en 2012, et comment le travail de visibilité a vraiment commencé à décoller.
J'ai fait des sous-titres en français. S'ils ne s'affichent pas automatiquement, il faut cliquer sur l'icône de gauche dans la barre en bas.
Transcript :
Salut, c'est DJ. Je voulais vous tenir au courant du super travail de visibilité qui s'est fait ici aux USA pendant l'année 2012.
Beaucoup d'entre vous savent que 2012 a été une grosse année pour le mouvement asexuel. On a été à la World Pride pour la 1ère fois, en grande partie grâce à Michael Dorray[?] (UK) qui a été super, vraiment génial. Et c'est une année où, plus que jamais auparavant aux USA, on a commencé à s'intégrer au mouvement LGBTQ, qui est est une force politique vraiment active, vraiment puissante, et c'est surtout grâce au travail de Asexual Awareness Week qui a démarré l'année dernière et qui nous a vraiment rendu plus connu, et aussi grâce à Angela Tucker et au documentaire incroyable qu'elle a produit.
Voilà ce qui s'est passé cette année.
Début février je crois, on est allé à une conférence qui s'appelle Creating Change. C'est LA grande réunion que les militants LGBTQ ont aux USA, et tous les grands noms étaient là : les gens qui se battent pour le mariage pour tous, les gens qui se battent pour aider les jeunes trans, etc. Et on a passé notre documentaire.
On ne s'attendait pas à ce qu'il y ait beaucoup de monde, la plupart des activités à Creating Change attirent une quinzaine de personnes. On a eu 150 personnes. On a rempli la pièce, c'était plein à craquer, parce qu'en fait, il y a des tonnes et des tonnes d'associations où il y a des asexuels, ou à qui des asexuels sont venus demander de l'aide ou des espaces pour eux, et qui n'ont pas su comment créer ces espaces pour les A, les asexuels gris et les demi-sexuels. Alors des tonnes de gens sont venus !
Après ça on a eu une grande assemblée, deux grands groupes, où tous les asexuels de la conférence se sont réunis et ont parlé de comment on pourrait changer la façon dont les A, les A gris et les demis sont vus par la communauté LGBTQ. C'était vraiment génial. Et cette année, on a vu les effets de tout ça.
Donc ça a commencé avec un truc qui s'appelle le projet Trevor, que vous connaissez peut-être. Le projet Trevor c'est comme une hotline, c'est une permanence téléphonique à l'écoute des jeunes LGBTQ, en particulier les jeunes qui pensent au suicide. [...] ils ont aussi un forum, et ils ont décidé qu'ils allaient vraiment donner de l'importance aux expériences asexuelles dans la formation que reçoivent les gens qui répondent à la hotline, et ils vont ajouter des services pour les asexuels. Et ils ont eu beaucoup de réactions négatives à cause de ça. Des gens qui n'avaient pas entendu parler de la communauté asexuelle, et qui ne savaient pas de quoi il retournait, ont écrit au projet Trevor "Vous devriez vous concentrer sur les jeunes LBGT, les jeunes queer. Vous n'êtes pas censés vous occuper de ça." Mais le projet Trevor a dit "Non, la communauté A fait partie des gens qu'on représente, ce sont des jeunes qui ont des difficultés, qui se sentent isolés, et on veut que notre service leur soit accessible aussi."
Donc j'ai été faire une présentation chez eux, et les réactions ont été incroyablement positives. C'est simplement la première organisation, parmi beaucoup d'autres qui aident les gens, qui veut vraiment comprendre l'asexualité, et l'inclure dans ce qu'ils font. On a besoin de gens qui puissent contacter cette organisation et les aider à comprendre comment être au service de notre communauté. Et on a encore plus besoin de gens qui sont A gris et demi-A et qui puissent faire ce genre de travail d'éducation, parce que beaucoup de ceux qui sont déjà en train de le faire, comme moi, sont asexuels.
Donc c'est la 1ère chose importante qui s'est passée. La 2e chose qui est arrivée, qui est tellement incroyablement énorme, c'est qu'on a reçu un coup de fil du National Gay and Lesbian Task Force,
c'est un des groupes les plus importants qui milite au niveau politique aux USA. Et le groupe de travail (le NGLTF) a dit qu'ils allaient créer un document qui serait un début de projet de loi anti discriminations et qu'ils distribueraient ça dans toutes les villes et à tous les conseils régionaux des USA. Dans cette proposition de loi, ils définissent l'orientation sexuelle comme hétéro, homo ou bisexuelle, ce qui veut dire qu'il est interdit de faire de la discrimination en fonction de si quelqu'un est hétéro, homo ou bi. Et ils nous ont appelé pour nous demander si on voulait qu'ils ajoutent l'asexualité à la liste, parce qu'ils nous avaient vu être très présents à la conférence. Parce qu'ils ont commencé à voir d'autres organisations qui s'intéressaient à nous, ils ont voulu faire la démarche de nous intégrer.
D'abord, c'est une immense victoire. On a déjà l'état de New-York qui protège des discriminations
les gens qui sont asexuels. Si d'autres états et d'autres villes peuvent commencer à prendre des mesures similaires, c'est pas seulement une bonne base de travail légalement, mais c'est une formidable déclaration, dont on pourra se servir quand on fera d'autres types de choses comme un signe de notre légitimité dans le monde. C'est énorme. Ce n'est pas seulement énorme pour les implications légales, mais c'est énorme parce que c'est un signe que des organisations à but non lucratif qui se battent tous les jours pour soutenir les LGBT, pour réformer les services de santé,
pour réformer le système légal, que ces organisations veulent toutes inclure les asexuels maintenant. C'est vraiment la 1ère année que, de façon générale, on est remarqué et qu'on veut visiblement être inclus. Donc c'est le moment de rentrer en contact avec ces organisations et de leur faire savoir comment ils peuvent nous comprendre, s'associer à nous, et travailler avec nous pour faire changer les choses.
Si je vous raconte ça, c'est que j'espère que ça vous encouragera à commencer à chercher des organisations avec lesquelles on peut s'associer. C'est aussi pour que vous sachiez que la prochaine conférence Creating Change approche. C'est fin janvier et on est déjà en train de proposer des présentations. On espère que cette année on sera vraiment très présents à la conférence, parce que cette année les gens vont vraiment chercher à intégrer l'asexualité à ce qu'ils font. Je sais que moi je vais y aller, des gens de Asexual Awareness Week vont y aller, des gens de l'équipe Projet (d'AVEN) vont y aller, il y aura un certain nombre de militants de tout le pays qui vont aller à Atlanta pour cette conférence, et ça devrait être vraiment cool.
Donc si vous voulez venir avec nous, ou si vous voulez rentrer en contact avec des organisations dans votre région, ou si vous avez envie d'assister à une conférence, alors contactez-moi (david at asexuality point org) et je tacherai de vous mettre en contact.
J'ai fait des sous-titres en français. S'ils ne s'affichent pas automatiquement, il faut cliquer sur l'icône de gauche dans la barre en bas.
Transcript :
Salut, c'est DJ. Je voulais vous tenir au courant du super travail de visibilité qui s'est fait ici aux USA pendant l'année 2012.
Beaucoup d'entre vous savent que 2012 a été une grosse année pour le mouvement asexuel. On a été à la World Pride pour la 1ère fois, en grande partie grâce à Michael Dorray[?] (UK) qui a été super, vraiment génial. Et c'est une année où, plus que jamais auparavant aux USA, on a commencé à s'intégrer au mouvement LGBTQ, qui est est une force politique vraiment active, vraiment puissante, et c'est surtout grâce au travail de Asexual Awareness Week qui a démarré l'année dernière et qui nous a vraiment rendu plus connu, et aussi grâce à Angela Tucker et au documentaire incroyable qu'elle a produit.
Voilà ce qui s'est passé cette année.
Début février je crois, on est allé à une conférence qui s'appelle Creating Change. C'est LA grande réunion que les militants LGBTQ ont aux USA, et tous les grands noms étaient là : les gens qui se battent pour le mariage pour tous, les gens qui se battent pour aider les jeunes trans, etc. Et on a passé notre documentaire.
On ne s'attendait pas à ce qu'il y ait beaucoup de monde, la plupart des activités à Creating Change attirent une quinzaine de personnes. On a eu 150 personnes. On a rempli la pièce, c'était plein à craquer, parce qu'en fait, il y a des tonnes et des tonnes d'associations où il y a des asexuels, ou à qui des asexuels sont venus demander de l'aide ou des espaces pour eux, et qui n'ont pas su comment créer ces espaces pour les A, les asexuels gris et les demi-sexuels. Alors des tonnes de gens sont venus !
Après ça on a eu une grande assemblée, deux grands groupes, où tous les asexuels de la conférence se sont réunis et ont parlé de comment on pourrait changer la façon dont les A, les A gris et les demis sont vus par la communauté LGBTQ. C'était vraiment génial. Et cette année, on a vu les effets de tout ça.
Donc ça a commencé avec un truc qui s'appelle le projet Trevor, que vous connaissez peut-être. Le projet Trevor c'est comme une hotline, c'est une permanence téléphonique à l'écoute des jeunes LGBTQ, en particulier les jeunes qui pensent au suicide. [...] ils ont aussi un forum, et ils ont décidé qu'ils allaient vraiment donner de l'importance aux expériences asexuelles dans la formation que reçoivent les gens qui répondent à la hotline, et ils vont ajouter des services pour les asexuels. Et ils ont eu beaucoup de réactions négatives à cause de ça. Des gens qui n'avaient pas entendu parler de la communauté asexuelle, et qui ne savaient pas de quoi il retournait, ont écrit au projet Trevor "Vous devriez vous concentrer sur les jeunes LBGT, les jeunes queer. Vous n'êtes pas censés vous occuper de ça." Mais le projet Trevor a dit "Non, la communauté A fait partie des gens qu'on représente, ce sont des jeunes qui ont des difficultés, qui se sentent isolés, et on veut que notre service leur soit accessible aussi."
Donc j'ai été faire une présentation chez eux, et les réactions ont été incroyablement positives. C'est simplement la première organisation, parmi beaucoup d'autres qui aident les gens, qui veut vraiment comprendre l'asexualité, et l'inclure dans ce qu'ils font. On a besoin de gens qui puissent contacter cette organisation et les aider à comprendre comment être au service de notre communauté. Et on a encore plus besoin de gens qui sont A gris et demi-A et qui puissent faire ce genre de travail d'éducation, parce que beaucoup de ceux qui sont déjà en train de le faire, comme moi, sont asexuels.
Donc c'est la 1ère chose importante qui s'est passée. La 2e chose qui est arrivée, qui est tellement incroyablement énorme, c'est qu'on a reçu un coup de fil du National Gay and Lesbian Task Force,
c'est un des groupes les plus importants qui milite au niveau politique aux USA. Et le groupe de travail (le NGLTF) a dit qu'ils allaient créer un document qui serait un début de projet de loi anti discriminations et qu'ils distribueraient ça dans toutes les villes et à tous les conseils régionaux des USA. Dans cette proposition de loi, ils définissent l'orientation sexuelle comme hétéro, homo ou bisexuelle, ce qui veut dire qu'il est interdit de faire de la discrimination en fonction de si quelqu'un est hétéro, homo ou bi. Et ils nous ont appelé pour nous demander si on voulait qu'ils ajoutent l'asexualité à la liste, parce qu'ils nous avaient vu être très présents à la conférence. Parce qu'ils ont commencé à voir d'autres organisations qui s'intéressaient à nous, ils ont voulu faire la démarche de nous intégrer.
D'abord, c'est une immense victoire. On a déjà l'état de New-York qui protège des discriminations
les gens qui sont asexuels. Si d'autres états et d'autres villes peuvent commencer à prendre des mesures similaires, c'est pas seulement une bonne base de travail légalement, mais c'est une formidable déclaration, dont on pourra se servir quand on fera d'autres types de choses comme un signe de notre légitimité dans le monde. C'est énorme. Ce n'est pas seulement énorme pour les implications légales, mais c'est énorme parce que c'est un signe que des organisations à but non lucratif qui se battent tous les jours pour soutenir les LGBT, pour réformer les services de santé,
pour réformer le système légal, que ces organisations veulent toutes inclure les asexuels maintenant. C'est vraiment la 1ère année que, de façon générale, on est remarqué et qu'on veut visiblement être inclus. Donc c'est le moment de rentrer en contact avec ces organisations et de leur faire savoir comment ils peuvent nous comprendre, s'associer à nous, et travailler avec nous pour faire changer les choses.
Si je vous raconte ça, c'est que j'espère que ça vous encouragera à commencer à chercher des organisations avec lesquelles on peut s'associer. C'est aussi pour que vous sachiez que la prochaine conférence Creating Change approche. C'est fin janvier et on est déjà en train de proposer des présentations. On espère que cette année on sera vraiment très présents à la conférence, parce que cette année les gens vont vraiment chercher à intégrer l'asexualité à ce qu'ils font. Je sais que moi je vais y aller, des gens de Asexual Awareness Week vont y aller, des gens de l'équipe Projet (d'AVEN) vont y aller, il y aura un certain nombre de militants de tout le pays qui vont aller à Atlanta pour cette conférence, et ça devrait être vraiment cool.
Donc si vous voulez venir avec nous, ou si vous voulez rentrer en contact avec des organisations dans votre région, ou si vous avez envie d'assister à une conférence, alors contactez-moi (david at asexuality point org) et je tacherai de vous mettre en contact.
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21 sept. 2012
Il paraît que les asexuels existent
Il y a régulièrement des articles sur l'asexualité dans les médias.
Quelques uns sont très bien, et beaucoup racontent n'importe quoi. Il
semble que dans ces cas-là, le journaliste, ou le
psy/sexologue/sociologue qu'il ou elle interroge, ait entendu le mot
"asexualité" quelque part et raconte ce qui lui passe par la tête à
partir de là, sans avoir jamais parlé à un·e asexuel·le ni fait de
recherches.
Voici donc la traduction de Asexuals Exist or Something, Says Book, But They Are Probably Sad Like This Cookie, de queenieofaces, une parodie d'un article sur l'asexualité.
Il paraît que les asexuels existent, dit un bouquin, mais ils sont sûrement tristes comme ce cookie.
Par quelqu'un-qui-n'aime-pas- vérifier-ses-sources.
A peu près 1% de la population mondiale est "asexuel", selon des experts. Ça veut dire que 70 millions de gens ne ressentent pas d'attirance sexuelle pour les autres, ce qui veut grosso modo dire qu'ils détestent tout le monde.
"Je ne déteste pas les gens", dit un asexuel quelque part (23 ans). "J'aime même pas mal de personnes. C'est juste qu'ils ne m'attirent pas sexuellement."
Comme le montre cette citation, les asexuels souffrent d'un manque d'émotions humaines. Les asexuels ne ressentent pas le besoin de former des liens avec d'autres gens, et aiment vivre seuls dans des cartons dans les bois. Un large pourcentage d'entre eux (74.3% selon une étude faite en Grande Bretagne) aiment jouer des airs tristes sur un ukulélé légèrement désaccordé.
"L'asexualité est causée par des ondes aliens de l'espace", dit Anthony Bogaert qui est au Canada où il est aussi professeur. En tout cas, il a probablement dit quelque chose comme ça. C'était dans le Daily Mail et on s'est pas fatigué à vérifier.
Des experts expliquent que les "asexuels" sortent de l'ombre seulement maintenant pour pouvoir recruter de jeunes esprits purs à leur cause. Leur but ultime est que tout le monde ait du diabète à cause des cookies pas en forme de cœur, pour que les gens n'aient plus de relations sexuelles.
"Il y a beaucoup d'idées fausses sur l'asexualité dans les médias." dit le très sexy David Jay, le fondateur d'AVEN, qui est tellement beau que ça nous attriste qu'il soit asexuel. Il a dit d'autres trucs aussi, mais on était trop occupé à le mater pour y faire attention.
J'en aurais bien d'autres à ajouter, du genre l'usage aléatoire des mots "asexuel" et "asexué", la grosse confusion avec l'abstinence, l'idée que c'est un phénomène récent en réaction à la société hypersexualisée, et bien sûr l'"expert" de service qui vous dit qu'il faudrait quand même voir un médecin parce qu'il y a probablement quelque chose qui tourne pas rond chez vous.
Voici donc la traduction de Asexuals Exist or Something, Says Book, But They Are Probably Sad Like This Cookie, de queenieofaces, une parodie d'un article sur l'asexualité.
Il paraît que les asexuels existent, dit un bouquin, mais ils sont sûrement tristes comme ce cookie.
Par quelqu'un-qui-n'aime-pas-
![]() |
| Légende : Les asexuels aiment faire des gâteaux, mais ils ne croient pas aux cookies en forme de cœur, et les fracassent donc avec une rage haineuse. |
A peu près 1% de la population mondiale est "asexuel", selon des experts. Ça veut dire que 70 millions de gens ne ressentent pas d'attirance sexuelle pour les autres, ce qui veut grosso modo dire qu'ils détestent tout le monde.
"Je ne déteste pas les gens", dit un asexuel quelque part (23 ans). "J'aime même pas mal de personnes. C'est juste qu'ils ne m'attirent pas sexuellement."
Comme le montre cette citation, les asexuels souffrent d'un manque d'émotions humaines. Les asexuels ne ressentent pas le besoin de former des liens avec d'autres gens, et aiment vivre seuls dans des cartons dans les bois. Un large pourcentage d'entre eux (74.3% selon une étude faite en Grande Bretagne) aiment jouer des airs tristes sur un ukulélé légèrement désaccordé.
"L'asexualité est causée par des ondes aliens de l'espace", dit Anthony Bogaert qui est au Canada où il est aussi professeur. En tout cas, il a probablement dit quelque chose comme ça. C'était dans le Daily Mail et on s'est pas fatigué à vérifier.
Des experts expliquent que les "asexuels" sortent de l'ombre seulement maintenant pour pouvoir recruter de jeunes esprits purs à leur cause. Leur but ultime est que tout le monde ait du diabète à cause des cookies pas en forme de cœur, pour que les gens n'aient plus de relations sexuelles.
"Il y a beaucoup d'idées fausses sur l'asexualité dans les médias." dit le très sexy David Jay, le fondateur d'AVEN, qui est tellement beau que ça nous attriste qu'il soit asexuel. Il a dit d'autres trucs aussi, mais on était trop occupé à le mater pour y faire attention.
J'en aurais bien d'autres à ajouter, du genre l'usage aléatoire des mots "asexuel" et "asexué", la grosse confusion avec l'abstinence, l'idée que c'est un phénomène récent en réaction à la société hypersexualisée, et bien sûr l'"expert" de service qui vous dit qu'il faudrait quand même voir un médecin parce qu'il y a probablement quelque chose qui tourne pas rond chez vous.
11 sept. 2012
L'asexualité, un refus de se poser plus de questions sur son orientation ?
Une des réactions des gens en apprenant qu'on est asexuel·le tourne
autour de l'idée qu'on se "ferme" en se déclarant asexuel·le, qu'il faut
rester "ouvert à d'autres possibilités". Pourtant la communauté
asexuelle est particulièrement ouverte au questionnement. Depuis le
début des communautés A, les asexuels remettent en question les
définitions de l'attirance sexuelle, décrivent leurs expériences à
travers les orientations romantiques, construisent les relations qui
leur conviennent, pas forcément à l'intérieur des boîtes "romantique" et
"platonique", et passent beaucoup de temps à en discuter.
Notre vision des choses est plutôt que l'important est de se connaître et d'être à l'aise avec son identité, quelle qu'elle soit. Alors se dire asexuel·le pour éviter d'autres questions ... ce serait une drôle d'idée.
Je cherchais un post sur ce sujet-là à traduire, et voilà ce que j'ai trouvé ! Mieux qu'un article, une image caricaturant l'accueil fait aux nouveaux ! L'image vient de Asexual Curiosity, et l'auteur explique :
C'est grosso modo la réaction habituelle à quelqu'un qui arrive dans la communauté asexuelle. Ça explique pourquoi c'est un des pires endroits pour refouler sa sexualité.
![]() |
| http://asexualcuriosities. |
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21 mars 2012
BD - Coalition
Cette semaine, je vous présente le webcomic Poly in Pictures de Lotte Lodge, qui parle de polyamour, d'(a)sexualité et de genre, et que je vous conseille fortement. Si vous êtes sages, je vous en traduirai un avec de vrais bonshommes une prochaine fois. C'est la traduction du numéro 74, Alliance.
Commentaire de Lotte :
J'aime bien le nouvel acronyme, MSG, pour minorités sexuelles et de genre. L'ancien, LGBTQIALPHABET, commençait à devenir un peu encombrant, non ?
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17 mars 2012
Guide de l'asexualité pour les féministes pro-sexe
Ceci est une traduction de An Asexual Map for Sex-Positive Feminism, posté par Kaz sur le site Feministe en février 2012. L'article propose pas mal de liens, tous en anglais évidemment, mais je trouve que le texte a suffisamment d'intérêt en lui-même, même si on ne suit pas les liens.
Au point où en sont les choses, beaucoup d'asexuels qualifient le mouvement pro-sexe de malsain pour eux. C'est un problème qui doit être abordé par la communauté.
Une stratégie pour contribuer à changer cela est de parler davantage des préoccupations des asexuels, et plus généralement de ce qui concerne les gens qui ont peu de désir sexuel. Il est évident que beaucoup ne se sentent pas les bienvenus dans un mouvement qui s'occupe rarement de leurs problèmes, et où il est fréquent que les gens ne connaissent même pas les informations essentielles sur l'asexualité, comme le vocabulaire, les définitions et les problèmes courants. Cela servirait aussi à rendre visible les attitudes sexuellement normatives et anti-asexuel de la communauté féministe. Par exemple, quand on discute d'asexualité en public, les détournements prétendant s'inquiéter de la santé des asexuels sont nombreux, et vont jusqu'au rejet pur et simple de l'asexualité. La diabolisation des asexuels qui sont en couple est fréquente aussi. J'imagine qu'une personne pro-sexe qui voudrait combattre ces idées à la racine ne saurait pas où les trouver, alors que pour une personne asexuelle c'est souvent comme traverser un champ de mine.
Cela dit, j'imagine bien que "parler plus de l'asexualité et de nos problèmes" ne renseigne pas beaucoup quelqu'un qui n'aurait aucune idée ni de quoi on discute, ni de où se renseigner.
Donc, si vous êtes intéressé, je vous fais une petite introduction à l'asexualité en ligne : des liens vers des blogs, des explications sur les problèmes courants, et nos sujets de discussion. Je pense qu'il y a des sujets qui ont de l'intérêt pour d'autres gens que seulement les asexuels, et certains qui profiteraient réellement aux gens sexuels aussi. Pour être honnête, en général je trouve que tout mouvement qui prétend défendre les libertés sexuelles et qui s'occupe presque exclusivement des problèmes des gens dont le désir sexuel est dans la moyenne ou au dessus va passer à côté de questions primordiales, et que ça a de fortes chances de finir avec de nouvelles normes et obligations sexuelles. Je pense que le mouvement pro-sexe a besoin de l'asexualité, a besoin de réfléchir à ce côté des choses et aux problèmes auxquels les gens sont confrontés ici. Mais même si vous n'êtes pas d'accord, j'espère que certains des articles et des discussions vous seront utiles.
Blogs asexuels
Writing from Factor X, de Sciatrix. Elle est un peu moins active maintenant, mais elle faisait des listes de lecture hebdomadaires, et il y a une bonne liste de blogs.1
Asexual Curiosities, de SlightlyMetaphysical
Asexy Beast, d'Ily
Shades of Gray, d'Elizabeth
Charlie the Unicorn, de Charles
Hypomnemata, de Minerva
Confessions of an Ist, de Aydan
Love from the Asexual Underground, de David Jay. DJ est grosso modo le visage de l'asexualité, puisqu'il est le fondateur d'AVEN, la principale communauté. Son blog a peu d'activité, mais il a écrit des choses remarquables.2
Verbs not Nouns. Celui-ci est axé en particulier sur l'asexualité et le BDSM.
C'est juste un aperçu ; vous trouverez beaucoup d'autres blogs à partir de ceux-là (la liste de blogs chez Sciatrix est longue et à jour). Il y a aussi un festival de blogs asexuels, dont le post organisateur est chez Writing from Factor X.
En plus, vous croiserez probablement des mots que vous ne connaissez pas. La communauté asexuelle a un florilège de vocabulaire, et utilise d'autres termes (par exemple "libido") dans des sens très spécifiques. Charles a un bon glossaire, et il y a le wiki d'AVEN. (AVEN est souvent ce qui sera conseillé en premier pour avoir des infos sur l'asexualité. Le site principal a de bonnes informations, même si elles sont quelque peu dépassées, mais les forums ont des problèmes et je ne les recommande pas.)
Questions d'intérêt
Les définitions exploitables du consentement pour la communauté asexuelle. C'est plutôt compliqué. D'un côté, il y a bien des asexuels qui ont des relations sexuelles, qui peuvent prendre du plaisir au sexe, ou que ça ne gêne vraiment pas, ou qui le font pour faire plaisir à leur partenaire ou pour n'importe quelle autre raison, et la plupart d'entre eux ne rempliraient pas le critère du consentement enthousiaste3, mais seraient assez irrités d'apprendre qu'ils sont incapables de donner leur consentement. Mais d'un autre côté, ça rejoint ...
... Le problème du compromis. Les asexuels sont très exposés à un certain type de culture du viol, selon lequel dans un couple, le sexe est un dû à son partenaire, parce que refuser d'avoir des relations sexuelles est mal, injuste et cruel. Et dans les communautés asexuelles, on parle beaucoup de compromis : en gros, coucher avec son partenaire même si on n'en a pas le désir intrinsèque nous-mêmes. Comme vous pouvez l'imaginez, ça peut mal tourner. C'est encore une discussion que beaucoup de milieux pro-sexe ne gèrent pas très bien, parce que dans cette situation il y a souvent très peu d'empathie pour le partenaire asexuel (ou dans le même genre, pour le partenaire qui a moins de désir sexuel). En fait, ils sont même souvent diabolisés quand le sujet vient sur la table. Il y a aussi très peu d'empathie pour le fait que pour les asexuels, cela rejoint ...
... Le problème du nombre. Beaucoup d'asexuels sont romantiques (généralement avec un préfixe d'orientation : hétéroromantique, homoromantique, biromantique) et tombent quand même amoureux et ont envie d'être en couple. Ils éprouvent de l'attirance romantique mais pas sexuelle. Sortir uniquement avec d'autres asexuels est le plus souvent très irréaliste : c'est une orientation rare, très peu visible, et très variée. Pour une femme homoromantique, les candidats sont les femmes asexuelles homoromantiques ou biromantiques, approximativement 0,1% de la population, sans même prendre en compte le peu de visibilité de l'asexualité. J'ai rencontré en vrai un total de un autre asexuel, sans prendre l'avion spécialement pour les voir. Sortir avec des gens hors de la communauté asexuelle est généralement la seule option, ce qui veut dire que la question du sexe doit être abordée.
Aussi en lien avec le nombre : certaines personnes sont aromantiques, c'est-à-dire qu'ils n'éprouvent pas d'attirance romantique. Et d'autres, comme moi, se disent "attendez une seconde, qu'est-ce que c'est que cette histoire d'«attirance romantique», et où est-ce que vous mettez la limite entre ça et les relations platoniques ? Je ne comprends pas ! Comment faites-vous la différence entre l'amour romantique et l'amour pour un ami ? ..."
Récemment, on s'est mis à appeler ça cqcb-romantique4 (même si j'aime bien appeler ça "l'orientation romantique de la division par le concombre" et que d'autres gens ont sûrement leurs termes préférés), pour dire que ça n'a aucun sens, qu'on ne comprend même pas la question. Ce qui occupe pas mal nos échanges, c'est des choses comme les relations qui ne rentrent pas dans l'opposition amour/amitié, la fidélité émotionnelle, la vie en commun et l'intimité hors des relations amoureuses, etc. Il y a des recoupements intéressants à faire avec le polyamour.
(Quelques termes spécifiques que vous pourriez rencontrer sur le sujet : "queerplatonique" désigne un lien ou une relation émotionnelle forte qui ne soit pas amoureuse, une "courgette" est un partenaire queerplatonique, et il y a divers jeux de mots sur les légumes basés là-dessus, de "potiron", la personne pour qui on a un faible queerplatoniquement, à "courgeter", flirter queerplatoniquement.)
Il y a aussi des échanges à propos du mouvement pro-sexe. Ce que vous ne savez peut-être pas, c'est qu'il y a souvent une pression exercée sur les asexuels pour qu'ils se déclarent pro-sexe et se comportent d'une manière "pro-sexe" pour prouver qu'ils ne croient pas les sexuels moralement inférieurs et ne sont pas anti-sexe. (Notre identité est fréquemment interprétée comme intrinsèquement anti-sexe, et/ou comme un jugement sur les autres, même quand il est dit explicitement que ça décrit des sensations personnelles, et pas un comportement. Cela arrive particulièrement souvent aux demisexuels5.)
Je ne suis pas pro-sexe. C'est principalement parce qu'on m'a fait sentir que je n'étais pas la bienvenue parmi les féministes pro-sexe, mais c'est aussi partiellement en réaction contre cela. J'en ai marre d'avoir l'impression que ne pas se faire le porte-parole des merveilles du sexe (pour les sexuels) veut dire que je suis anti-sexe et que je donne une mauvaise image de l'asexualité. J'en ai marre qu'on dise aux asexuels qu'ils ne devraient pas parler de leurs propres expériences négatives avec le sexe sous prétexte qu'il faut impérativement être pro-sexe.
Ceci dit, ces deux dernières années, j'ai vu davantage de gens hors de la communauté asexuelle qui cherchaient activement à engager la discussion d'une manière constructive sur les problèmes asexuels. J'ai beaucoup d'espoir que cette tendance continue !
Bons exemples d'articles par des alliés
Mary Maxfield Brave parle de son expérience dans les milieux asexuels, et de ce que les sexuels peuvent apprendre des communautés asexuelles.
Heather Corinna du site d'éducation sexuelle Scarleteen demande des idées pour inclure l'asexualité dans l'éducation sexuelle.
Chally parle de l'asexualité sur Feministe.
________________________________
1 Un article de Sciatrix en français
2 Les articles traduits de Love from the Asexual Underground
3 Le consentement enthousiaste est un modèle proposé par la communauté pro-sexe selon lequel on ne peut consentir à des relations sexuelles qu'avec enthousiasme (qu'il soit verbal ou non). L'intérêt de cette définition est de montrer que la simple absence de "non" n'est pas un consentement valide, pour mieux combattre le viol. Par contre elle pose problème car il serait impossible pour les prostitués, les asexuels, ou même des gens essayant de concevoir un enfant pendant l'ovulation par exemple, de consentir.
4 cqcb-romantique : cestquoicebordel-romantique. (whatthefuck-romantic en anglais)
5 Les demisexuels n'éprouvent pas d'attirance sexuelle, sauf s'ils développent un lien émotionnel fort avec quelqu'un.
Au point où en sont les choses, beaucoup d'asexuels qualifient le mouvement pro-sexe de malsain pour eux. C'est un problème qui doit être abordé par la communauté.
Une stratégie pour contribuer à changer cela est de parler davantage des préoccupations des asexuels, et plus généralement de ce qui concerne les gens qui ont peu de désir sexuel. Il est évident que beaucoup ne se sentent pas les bienvenus dans un mouvement qui s'occupe rarement de leurs problèmes, et où il est fréquent que les gens ne connaissent même pas les informations essentielles sur l'asexualité, comme le vocabulaire, les définitions et les problèmes courants. Cela servirait aussi à rendre visible les attitudes sexuellement normatives et anti-asexuel de la communauté féministe. Par exemple, quand on discute d'asexualité en public, les détournements prétendant s'inquiéter de la santé des asexuels sont nombreux, et vont jusqu'au rejet pur et simple de l'asexualité. La diabolisation des asexuels qui sont en couple est fréquente aussi. J'imagine qu'une personne pro-sexe qui voudrait combattre ces idées à la racine ne saurait pas où les trouver, alors que pour une personne asexuelle c'est souvent comme traverser un champ de mine.
Cela dit, j'imagine bien que "parler plus de l'asexualité et de nos problèmes" ne renseigne pas beaucoup quelqu'un qui n'aurait aucune idée ni de quoi on discute, ni de où se renseigner.
Donc, si vous êtes intéressé, je vous fais une petite introduction à l'asexualité en ligne : des liens vers des blogs, des explications sur les problèmes courants, et nos sujets de discussion. Je pense qu'il y a des sujets qui ont de l'intérêt pour d'autres gens que seulement les asexuels, et certains qui profiteraient réellement aux gens sexuels aussi. Pour être honnête, en général je trouve que tout mouvement qui prétend défendre les libertés sexuelles et qui s'occupe presque exclusivement des problèmes des gens dont le désir sexuel est dans la moyenne ou au dessus va passer à côté de questions primordiales, et que ça a de fortes chances de finir avec de nouvelles normes et obligations sexuelles. Je pense que le mouvement pro-sexe a besoin de l'asexualité, a besoin de réfléchir à ce côté des choses et aux problèmes auxquels les gens sont confrontés ici. Mais même si vous n'êtes pas d'accord, j'espère que certains des articles et des discussions vous seront utiles.
Blogs asexuels
Writing from Factor X, de Sciatrix. Elle est un peu moins active maintenant, mais elle faisait des listes de lecture hebdomadaires, et il y a une bonne liste de blogs.1
Asexual Curiosities, de SlightlyMetaphysical
Asexy Beast, d'Ily
Shades of Gray, d'Elizabeth
Charlie the Unicorn, de Charles
Hypomnemata, de Minerva
Confessions of an Ist, de Aydan
Love from the Asexual Underground, de David Jay. DJ est grosso modo le visage de l'asexualité, puisqu'il est le fondateur d'AVEN, la principale communauté. Son blog a peu d'activité, mais il a écrit des choses remarquables.2
Verbs not Nouns. Celui-ci est axé en particulier sur l'asexualité et le BDSM.
C'est juste un aperçu ; vous trouverez beaucoup d'autres blogs à partir de ceux-là (la liste de blogs chez Sciatrix est longue et à jour). Il y a aussi un festival de blogs asexuels, dont le post organisateur est chez Writing from Factor X.
En plus, vous croiserez probablement des mots que vous ne connaissez pas. La communauté asexuelle a un florilège de vocabulaire, et utilise d'autres termes (par exemple "libido") dans des sens très spécifiques. Charles a un bon glossaire, et il y a le wiki d'AVEN. (AVEN est souvent ce qui sera conseillé en premier pour avoir des infos sur l'asexualité. Le site principal a de bonnes informations, même si elles sont quelque peu dépassées, mais les forums ont des problèmes et je ne les recommande pas.)
Questions d'intérêt
Les définitions exploitables du consentement pour la communauté asexuelle. C'est plutôt compliqué. D'un côté, il y a bien des asexuels qui ont des relations sexuelles, qui peuvent prendre du plaisir au sexe, ou que ça ne gêne vraiment pas, ou qui le font pour faire plaisir à leur partenaire ou pour n'importe quelle autre raison, et la plupart d'entre eux ne rempliraient pas le critère du consentement enthousiaste3, mais seraient assez irrités d'apprendre qu'ils sont incapables de donner leur consentement. Mais d'un autre côté, ça rejoint ...
... Le problème du compromis. Les asexuels sont très exposés à un certain type de culture du viol, selon lequel dans un couple, le sexe est un dû à son partenaire, parce que refuser d'avoir des relations sexuelles est mal, injuste et cruel. Et dans les communautés asexuelles, on parle beaucoup de compromis : en gros, coucher avec son partenaire même si on n'en a pas le désir intrinsèque nous-mêmes. Comme vous pouvez l'imaginez, ça peut mal tourner. C'est encore une discussion que beaucoup de milieux pro-sexe ne gèrent pas très bien, parce que dans cette situation il y a souvent très peu d'empathie pour le partenaire asexuel (ou dans le même genre, pour le partenaire qui a moins de désir sexuel). En fait, ils sont même souvent diabolisés quand le sujet vient sur la table. Il y a aussi très peu d'empathie pour le fait que pour les asexuels, cela rejoint ...
... Le problème du nombre. Beaucoup d'asexuels sont romantiques (généralement avec un préfixe d'orientation : hétéroromantique, homoromantique, biromantique) et tombent quand même amoureux et ont envie d'être en couple. Ils éprouvent de l'attirance romantique mais pas sexuelle. Sortir uniquement avec d'autres asexuels est le plus souvent très irréaliste : c'est une orientation rare, très peu visible, et très variée. Pour une femme homoromantique, les candidats sont les femmes asexuelles homoromantiques ou biromantiques, approximativement 0,1% de la population, sans même prendre en compte le peu de visibilité de l'asexualité. J'ai rencontré en vrai un total de un autre asexuel, sans prendre l'avion spécialement pour les voir. Sortir avec des gens hors de la communauté asexuelle est généralement la seule option, ce qui veut dire que la question du sexe doit être abordée.
Aussi en lien avec le nombre : certaines personnes sont aromantiques, c'est-à-dire qu'ils n'éprouvent pas d'attirance romantique. Et d'autres, comme moi, se disent "attendez une seconde, qu'est-ce que c'est que cette histoire d'«attirance romantique», et où est-ce que vous mettez la limite entre ça et les relations platoniques ? Je ne comprends pas ! Comment faites-vous la différence entre l'amour romantique et l'amour pour un ami ? ..."
Récemment, on s'est mis à appeler ça cqcb-romantique4 (même si j'aime bien appeler ça "l'orientation romantique de la division par le concombre" et que d'autres gens ont sûrement leurs termes préférés), pour dire que ça n'a aucun sens, qu'on ne comprend même pas la question. Ce qui occupe pas mal nos échanges, c'est des choses comme les relations qui ne rentrent pas dans l'opposition amour/amitié, la fidélité émotionnelle, la vie en commun et l'intimité hors des relations amoureuses, etc. Il y a des recoupements intéressants à faire avec le polyamour.
(Quelques termes spécifiques que vous pourriez rencontrer sur le sujet : "queerplatonique" désigne un lien ou une relation émotionnelle forte qui ne soit pas amoureuse, une "courgette" est un partenaire queerplatonique, et il y a divers jeux de mots sur les légumes basés là-dessus, de "potiron", la personne pour qui on a un faible queerplatoniquement, à "courgeter", flirter queerplatoniquement.)
Il y a aussi des échanges à propos du mouvement pro-sexe. Ce que vous ne savez peut-être pas, c'est qu'il y a souvent une pression exercée sur les asexuels pour qu'ils se déclarent pro-sexe et se comportent d'une manière "pro-sexe" pour prouver qu'ils ne croient pas les sexuels moralement inférieurs et ne sont pas anti-sexe. (Notre identité est fréquemment interprétée comme intrinsèquement anti-sexe, et/ou comme un jugement sur les autres, même quand il est dit explicitement que ça décrit des sensations personnelles, et pas un comportement. Cela arrive particulièrement souvent aux demisexuels5.)
Je ne suis pas pro-sexe. C'est principalement parce qu'on m'a fait sentir que je n'étais pas la bienvenue parmi les féministes pro-sexe, mais c'est aussi partiellement en réaction contre cela. J'en ai marre d'avoir l'impression que ne pas se faire le porte-parole des merveilles du sexe (pour les sexuels) veut dire que je suis anti-sexe et que je donne une mauvaise image de l'asexualité. J'en ai marre qu'on dise aux asexuels qu'ils ne devraient pas parler de leurs propres expériences négatives avec le sexe sous prétexte qu'il faut impérativement être pro-sexe.
Ceci dit, ces deux dernières années, j'ai vu davantage de gens hors de la communauté asexuelle qui cherchaient activement à engager la discussion d'une manière constructive sur les problèmes asexuels. J'ai beaucoup d'espoir que cette tendance continue !
Bons exemples d'articles par des alliés
Mary Maxfield Brave parle de son expérience dans les milieux asexuels, et de ce que les sexuels peuvent apprendre des communautés asexuelles.
Heather Corinna du site d'éducation sexuelle Scarleteen demande des idées pour inclure l'asexualité dans l'éducation sexuelle.
Chally parle de l'asexualité sur Feministe.
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1 Un article de Sciatrix en français
2 Les articles traduits de Love from the Asexual Underground
3 Le consentement enthousiaste est un modèle proposé par la communauté pro-sexe selon lequel on ne peut consentir à des relations sexuelles qu'avec enthousiasme (qu'il soit verbal ou non). L'intérêt de cette définition est de montrer que la simple absence de "non" n'est pas un consentement valide, pour mieux combattre le viol. Par contre elle pose problème car il serait impossible pour les prostitués, les asexuels, ou même des gens essayant de concevoir un enfant pendant l'ovulation par exemple, de consentir.
4 cqcb-romantique : cestquoicebordel-romantique. (whatthefuck-romantic en anglais)
5 Les demisexuels n'éprouvent pas d'attirance sexuelle, sauf s'ils développent un lien émotionnel fort avec quelqu'un.
Libellés :
asexualité,
asexuels,
consentement,
culture du viol,
féminisme,
Kaz,
orientation romantique,
polyamour,
pro-sexe,
queerplatonique,
sex-positive
5 mars 2012
Rescénariser le sexe
Je ne vous ai certainement jamais parlé de mon admiration pour Holly Pervocracy et pour à peu près tout ce qu’elle écrit (faut dire qu'elle parle quand même rarement d'asexualité). Et donc comme dit Émilie, si vous ne connaissez pas encore, vous devriez commencer par lire sa traduction de l'article Rescripting Sex :
Rescénariser le sexe
Il y a des scénarios dans la vie. Ces petites pièces, ces rituels sociaux, que l’on joue plutôt que d’essayer de reprendre à chaque fois toutes nos interactions de zéro. La plupart sont vraiment très simples. Il y a un scénario que l’on suit quand on quitte un magasin (« Passez une bonne journée. »), un scénario pour parler à une personne qui est triste (« Je suis vraiment désolé·e »), sans oublier le scénario pour parler à un chien (« Oh qu’il est gentil le chienchien !»).
Et il y a des scénarios pour le sexe. Malheureusement, ceux qu’on rencontre le plus sont vraiment nazes !
Pas de rapport direct avec l'asexualité, je vous l'accorde, mais le consentement est une question importante pour les asexuels, en particulier s'ils ont des relations avec des sexuels. Je connais par exemple des asexuels qui aiment les calins mais les évitent, "parce que l'autre va croire qu'on veut aller plus loin", justement parce que ce scénario, rapprochement → bisous → tripotage → pénétration, est le seul que l'on connaît. Avoir d'autres scénarios à disposition, plus variés, et surtout qui permettent et encouragent beaucoup plus de communication aiderait grandement les asexuels dans leurs relations, sexuelles ou moins sexuelles.
Libellés :
asexualité,
asexuels,
consentement,
expériences,
Holly Pervocracy,
relations,
sexe,
sexualité
3 mars 2012
Et si on inversait le scénario
Un texte un peu plus léger cette fois-ci, traduction de Fun Times Flipping the Script, publié par David Jay en décembre 2006.
23) Il y a tellement de risques corporels inhérents à la sexualité, notamment les IST et les grossesses non désirées, sans parler de la frustration et des risques émotionnels en particulier dans un couple sexuel ensemble depuis longtemps. Pourquoi qui que ce soit voudrait être sexuel ?
24) Pourquoi est-ce que les sexuels ont besoin que quelqu'un les désire sexuellement pour se sentir exister ? Pourquoi sont-ils si complexés ?
Notez bien que les questions se veulent facétieuses, et ne sous-entendent pas que la sexualité humaine est anormale ou malsaine ; pour la majorité des gens, c'est tout à fait normal et sain. Le but de ces questions est de contester l'idée que tout les gens sont naturellement sexuels ou devraient l'être.
1) D'après vous, qu'est-ce qui a causé votre sexualité ?
2) Quand et comment avez-vous décidé d'être sexuel, et pourquoi ce choix ?
3) Est-il possible que votre sexualité soit juste une phase dont vous sortirez ?
4) Est-il possible que votre sexualité provienne d'une peur névrotique d'interagir avec les gens et pas seulement leurs corps, ou bien d'une obsession névrotique avec les corps, ou pire, une incapacité à voir au-delà des corps ?
5) Les sexuels ont un passé de relations asexuelles ratées, n'étant pas capable d'être très proche de quelqu'un sur un plan non sexuel. Pensez-vous que vous soyez devenu sexuel par peur de l'intimité émotionnelle ?
6) Si vous n'avez jamais eu de relation vraiment intime avec quelqu'un sans tout le fouillis qui arrive quand on rajoute le sexe et les fluides corporels, comment savez-vous que vous ne préfèreriez pas ça ?
7) Si la sexualité est normale, pourquoi y a-t-il une telle variété parmi les attirances sexuelles, les libidos et les désirs ?
8) La sexualité et les activités sexuelles peuvent indiquer un dérèglement hormonal ou psychologique, ou même des lésions cérébrales. Avez-vous envisagé de faire tester vos hormones ou de subir une évaluation psychologique ?
9) Beaucoup de ceux qui ont été abusés sexuellement quand ils étaient enfants ou adolescents extériorisent cela par le sexe et deviennent très sexuel ensuite dans leur vie. Avez-vous été victime d'abus sexuels enfant ou adolescent ? Est-ce que c'est pour ça que vous êtes sexuel ?
10) A qui avez-vous révélé vos tendances sexuelles ? Comment ont-ils réagi ?
11) Votre sexualité ne me gène pas tant que vous me laissez tranquille, mais pourquoi tant de sexuels essaient de séduire les autres et de les attirer dans cette orientation ?
12) Si vous souhaitez élever des enfants, voudriez-vous qu'ils soient sexuels, sachant les problèmes auxquels ils auront à faire face, toutes les complications qu'ils devront affronter dans leurs relations et dans leur vie ?
13) La majorité des pédophiles, des violeurs et des agresseurs sont sexuels. Est-ce que vous considérez qu'il est prudent d'exposer vos enfants aux sexuels ? Aux professeurs sexuels, en particulier ?
14) Pourquoi les sexuels se sentent-ils obligés de le montrer, de se donner en spectacle avec leur sexualité ? Vous ne pouvez pas simplement être ce que vous êtes discrètement ?
15) Le sexuels assignent toujours à leurs relations des catégories étroitement définies, "partenaire" ou "ami". Pourquoi est-ce que vous vous accrochez à une catégorisation des relations si malsaine et restrictive ? Pourquoi est-ce que vous ne pouvez pas simplement aimer ?
16) Comment est-il possible d'avoir une relation complètement épanouissante et des émotions profondes avec une autre personne quand on est préoccupé par le sexe et ce que fait notre corps ? Comment est-ce que deux personnes peuvent réellement être intimes si elles passent leur temps à voir et à traiter l'autre comme un objet sexuel, ou à chercher à se satisfaire sexuellement ?
17) Les couples de sexuels ont un soutien entier de la société, et pourtant les divorces et les séparations difficiles continuent à provoquer de grandes souffrances aux sexuels. Pourquoi y a-t-il si peu de couples stables ?
18) Comme la sexualité et les problèmes qui en découlent sont très pénibles pour beaucoup de gens, il y a des techniques qui ont été développées pour aider les sexuels à changer. Avez-vous envisagé d'essayer une thérapie par les hormones ou une cure de déconditionnement ?
19) Comment les sexuels arrivent-ils à se concentrer alors qu'ils doivent gérer les manifestations constantes de l'attirance sexuelle et de leur libido, et qu'ils passent du temps et de l'énergie à rechercher des partenaires sexuels ?
20) Un nombre disproportionné de criminels et d'irresponsables en tout genre sont sexuels, et il existe tellement de comportements autodestructeurs, brutaux et oppressifs qui sont sexuels par nature. Alors comment est-ce possible que la sexualité soit normale et saine ?
21) Il y a tellement de gens sexuels qui n'acceptent d'être intimes avec quelqu'un sur le plan émotionnel que si leur relation est sexuelle. Pourquoi les sexuels sont-ils si frigides émotionnellement ?
22) Peut-être que vous croyez être sexuel juste parce que vous n'avez pas encore rencontré la bonne personne. Pensez-vous que vous vous tourniez vers la sexualité par désespoir parce que vous n'êtes pas comblé émotionnellement ?
23) Il y a tellement de risques corporels inhérents à la sexualité, notamment les IST et les grossesses non désirées, sans parler de la frustration et des risques émotionnels en particulier dans un couple sexuel ensemble depuis longtemps. Pourquoi qui que ce soit voudrait être sexuel ?
24) Pourquoi est-ce que les sexuels ont besoin que quelqu'un les désire sexuellement pour se sentir exister ? Pourquoi sont-ils si complexés ?
25 févr. 2012
Identité en VO
Ce texte est une traduction de Muttersprache, posté par Kaz en mai 2011 pour le festival A Carnival of Aces, 2e édition. Le thème était "l'intersection entre la race, l'ethnicité, la culture ou la nationalité, et l'identité asexuelle".
Bonjour, je m'appelle Kaz. Je suis asexuel·le. Le sexe me repousse. Mon orientation romantique est plutôt compliquée ; on pourrait appeler ça "divisé par concombre" ou "wtfromantic"1. Je réponds aussi à quelque chose entre aromantique et homo-romantique, et à homo-romantique-gris2 même si ça ne me correspond pas complètement, et même si "homo-romantique" n'est pas vraiment juste étant donné le détail que je suis genderqueer3. En tout cas, je cherche quelque chose qui n'est ni platonique ni romantique, mais queerplatonique4 ; je cherche une courgette5. Comme vous l'avez sûrement deviné, je passe pas mal de temps à essayer de décortiquer tous les morceaux qui constituent les identités asexuelles.
Hi, ich bin Kaz. Ich bin asexuell. Ich bin... äh... abgestoßen? Das kann's wohl nicht sein. Meine... romantische... sag mal, wie übersetzt man "wtfromantic"? "queerplatonic"? "zucchini"?! OK, ich geb auf.
[Traduction : Bonjour, je m'appelle Kaz. Je suis asexuel·le. Je suis... heu... "abgestoßen" ? Ça ne peut pas être ça. Mon... orientation... dis donc, comment on traduit "wtfromantic" ? "queerplatonic" ? "courgette" ?? Ok, je laisse tomber.]
Une des choses que je trouvais et trouve toujours vraiment frustrante et dommageable en tant qu'asexuel·le, était de ne pas avoir de mots pour les choses que je voulais : la façon dont je voyais le sexe, l'amour, les relations, était tellement inconnue que je n'avais aucun modèle, aucun exemple, et pas de nom pour les choses. Et je pense que vous savez comment continue l'histoire : je me suis baladé·e sur AVEN pendant un moment et j'ai repris leur vocabulaire, et après en être parti·e j'ai rencontré toute sorte d'asexuels avec qui je m'entendais bien, et ensemble on a commencé à partager nos expériences, à découvrir les formes de nos désirs et à forger nos propres mots. Je crois que c'est un processus extraordinaire et passionnant, et actuellement, au lieu de me mettre à bafouiller ou à dire que je suis détraqué·e, je peux vous sortir un paragraphe comme celui d'au-dessus pour décrire qui je suis et ce que je cherche.
En anglais.
En allemand ? J'en suis toujours à bafouiller.
Il est indubitable que c'est en partie de ma faute, parce que je ne suis jamais allé·e voir la partie allemande d'AVEN (même si je ne suis pas sûr·e qu'elle existait quand j'ai découvert le site en 2005), que je n'ai pas cherché d'informations sur les A allemands, ni de blogs allemands A. J'ai l'habitude de tout faire en ligne en anglais, vous voyez. J'ai réalisé un peu trop tard que si j'explore en ligne des parties vitales de mon identité, ça veut dire que je ne peux pas parler de certaines parties vitales de mon identité dans ma propre langue maternelle.
Je devrais probablement chercher les traductions dont j'ai besoin. (Et regardez comme rien que l'utilisation de ce mot montre le problème : traductions. Prendre les concepts de l'anglais et essayer de trouver un moyen de les décrire en allemand. Jamais dans l'autre sens.) Certaines existent, j'en suis sûr. Mais elles ne sont pas répandues, je ne les ai pas entendues, et j'ai simplement été trop lâche pour les chercher. J'ai été l'asexuel·le qui savait ce qu'ille était, pour qui les différentes catégories, groupes et noms sont passés dans le vocabulaire courant depuis longtemps. Trop longtemps pour qu'être de nouveau réduit au silence soit facile à vivre. L'idée de reprendre à zéro avec seulement le mot "asexuell" comme point de départ me fait peur, donc au lieu de ça j'évite la question.
De toute façon, d'autres parties du vocabulaire n'existent probablement pas en allemand. Certains mots ont été inventés sur mon blog ou sur d'autres, par moi ou mes amis, et je les ai vus se développer et se répandre avec plaisir, mais je ne peux pas m'empêcher de douter que nos discussions sur la déconstruction de l'opposition amour-amitié aient pu passer carrément dans une autre langue.
Donc je me contente de parler anglais. Et je ne suis pas bien sûr·e de pouvoir expliquer le décalage que ça cause.
Un exemple. Quelque chose que j'ai pensé, récemment : est-ce que c'est une des raisons pour lesquelles je n'ai pas vraiment mis ma famille au courant ? Ma tentative de leur dire était plus pour le principe qu'autre chose, je ne suis même pas sûr·e d'avoir prononcé le mot "asexuell" en en parlant à ma mère, et je n'ai pas vraiment essayé de le dire à mon père du tout. Je sais qu'il y a d'autres raisons, mais en y réfléchissant, une conversation sur le sujet serait probablement forcé de commencer comme ça :
Kaz: Hey Mama, kann ich mal was mit dir besprechen?
Kaz's mum: Ja, was ist denn?
Kaz: Klasse, ich erklär's dir gleich. Aber, äh, ich muss erst die Sprache wechseln...
[Traduction :
Kaz -- Eh Maman, je peux te parler ?
Mère de Kaz -- Oui, qu'est-ce qu'il y a ?
Kaz -- Cool, je vais t'expliquer. Mais heu... d'abord il faut que je change de langue ...]
Et je ne crois pas que je puisse affronter ça.
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1 WTFromantic (prononcer "what-the-fuck-romantic") : mot utilisé par des gens qui n'ont pas envie d'une relation amoureuse au sens classique mais ne sont pas non plus aromantique, et qui ne trouvent pas d'autre mot pour se décrire.
2 Asexuel-gris : personne qui se trouve dans la zone grise entre sexualité et asexualité (cf le logo d'AVEN).
3 Genderqueer : identité de genre qui n'est ni homme ni femme.
4 Relation queerplatonique : relation hors de l'opposition amoureuse-platonique.
5 Courgette : partenaire dans une relation queerplatonique.
Bonjour, je m'appelle Kaz. Je suis asexuel·le. Le sexe me repousse. Mon orientation romantique est plutôt compliquée ; on pourrait appeler ça "divisé par concombre" ou "wtfromantic"1. Je réponds aussi à quelque chose entre aromantique et homo-romantique, et à homo-romantique-gris2 même si ça ne me correspond pas complètement, et même si "homo-romantique" n'est pas vraiment juste étant donné le détail que je suis genderqueer3. En tout cas, je cherche quelque chose qui n'est ni platonique ni romantique, mais queerplatonique4 ; je cherche une courgette5. Comme vous l'avez sûrement deviné, je passe pas mal de temps à essayer de décortiquer tous les morceaux qui constituent les identités asexuelles.
Hi, ich bin Kaz. Ich bin asexuell. Ich bin... äh... abgestoßen? Das kann's wohl nicht sein. Meine... romantische... sag mal, wie übersetzt man "wtfromantic"? "queerplatonic"? "zucchini"?! OK, ich geb auf.
[Traduction : Bonjour, je m'appelle Kaz. Je suis asexuel·le. Je suis... heu... "abgestoßen" ? Ça ne peut pas être ça. Mon... orientation... dis donc, comment on traduit "wtfromantic" ? "queerplatonic" ? "courgette" ?? Ok, je laisse tomber.]
Une des choses que je trouvais et trouve toujours vraiment frustrante et dommageable en tant qu'asexuel·le, était de ne pas avoir de mots pour les choses que je voulais : la façon dont je voyais le sexe, l'amour, les relations, était tellement inconnue que je n'avais aucun modèle, aucun exemple, et pas de nom pour les choses. Et je pense que vous savez comment continue l'histoire : je me suis baladé·e sur AVEN pendant un moment et j'ai repris leur vocabulaire, et après en être parti·e j'ai rencontré toute sorte d'asexuels avec qui je m'entendais bien, et ensemble on a commencé à partager nos expériences, à découvrir les formes de nos désirs et à forger nos propres mots. Je crois que c'est un processus extraordinaire et passionnant, et actuellement, au lieu de me mettre à bafouiller ou à dire que je suis détraqué·e, je peux vous sortir un paragraphe comme celui d'au-dessus pour décrire qui je suis et ce que je cherche.
En anglais.
En allemand ? J'en suis toujours à bafouiller.
Il est indubitable que c'est en partie de ma faute, parce que je ne suis jamais allé·e voir la partie allemande d'AVEN (même si je ne suis pas sûr·e qu'elle existait quand j'ai découvert le site en 2005), que je n'ai pas cherché d'informations sur les A allemands, ni de blogs allemands A. J'ai l'habitude de tout faire en ligne en anglais, vous voyez. J'ai réalisé un peu trop tard que si j'explore en ligne des parties vitales de mon identité, ça veut dire que je ne peux pas parler de certaines parties vitales de mon identité dans ma propre langue maternelle.
Je devrais probablement chercher les traductions dont j'ai besoin. (Et regardez comme rien que l'utilisation de ce mot montre le problème : traductions. Prendre les concepts de l'anglais et essayer de trouver un moyen de les décrire en allemand. Jamais dans l'autre sens.) Certaines existent, j'en suis sûr. Mais elles ne sont pas répandues, je ne les ai pas entendues, et j'ai simplement été trop lâche pour les chercher. J'ai été l'asexuel·le qui savait ce qu'ille était, pour qui les différentes catégories, groupes et noms sont passés dans le vocabulaire courant depuis longtemps. Trop longtemps pour qu'être de nouveau réduit au silence soit facile à vivre. L'idée de reprendre à zéro avec seulement le mot "asexuell" comme point de départ me fait peur, donc au lieu de ça j'évite la question.
De toute façon, d'autres parties du vocabulaire n'existent probablement pas en allemand. Certains mots ont été inventés sur mon blog ou sur d'autres, par moi ou mes amis, et je les ai vus se développer et se répandre avec plaisir, mais je ne peux pas m'empêcher de douter que nos discussions sur la déconstruction de l'opposition amour-amitié aient pu passer carrément dans une autre langue.
Donc je me contente de parler anglais. Et je ne suis pas bien sûr·e de pouvoir expliquer le décalage que ça cause.
Un exemple. Quelque chose que j'ai pensé, récemment : est-ce que c'est une des raisons pour lesquelles je n'ai pas vraiment mis ma famille au courant ? Ma tentative de leur dire était plus pour le principe qu'autre chose, je ne suis même pas sûr·e d'avoir prononcé le mot "asexuell" en en parlant à ma mère, et je n'ai pas vraiment essayé de le dire à mon père du tout. Je sais qu'il y a d'autres raisons, mais en y réfléchissant, une conversation sur le sujet serait probablement forcé de commencer comme ça :
Kaz: Hey Mama, kann ich mal was mit dir besprechen?
Kaz's mum: Ja, was ist denn?
Kaz: Klasse, ich erklär's dir gleich. Aber, äh, ich muss erst die Sprache wechseln...
[Traduction :
Kaz -- Eh Maman, je peux te parler ?
Mère de Kaz -- Oui, qu'est-ce qu'il y a ?
Kaz -- Cool, je vais t'expliquer. Mais heu... d'abord il faut que je change de langue ...]
Et je ne crois pas que je puisse affronter ça.
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1 WTFromantic (prononcer "what-the-fuck-romantic") : mot utilisé par des gens qui n'ont pas envie d'une relation amoureuse au sens classique mais ne sont pas non plus aromantique, et qui ne trouvent pas d'autre mot pour se décrire.
2 Asexuel-gris : personne qui se trouve dans la zone grise entre sexualité et asexualité (cf le logo d'AVEN).
3 Genderqueer : identité de genre qui n'est ni homme ni femme.
4 Relation queerplatonique : relation hors de l'opposition amoureuse-platonique.
5 Courgette : partenaire dans une relation queerplatonique.
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19 févr. 2012
Appartenir à un pourcent de la population
Ce texte est une traduction de Life Among The One Percent, publié par s.e. smith sur le site Tiger Beatdown en avril 2011.
C'est un peu difficile de déterminer quel pourcentage de la population est asexuel, car on a tendance a être un groupe sous-étudié. Nous sommes partout, mais en grande partie invisibles, rajoutés après coup aux acronymes à la mode, mais sans qu'on s'adresse réellement à nous, sauf en de rares occasions. Une étude relativement récente a estimé notre nombre à environ un pourcent de la population générale.
Beaucoup de gens ne sont pas très curieux de ce qu'est la vie parmi ces un pourcent. En fait, beaucoup ont une compréhension imparfaite de ce que veut dire l'asexualité, et soit ont peur de demander soit ils s'en fichent. Malgré les efforts pour augmenter la visibilité de l'asexualité, la communauté asexuelle se trouve vraiment à l'écart des autres communautés qui participent à la justice sociale* et au militantisme. Beaucoup d'entre nous qui sont asexuels ont tendance à ne pas s'occuper de cet aspect-là de leur identité quand ils participent à la justice sociale. A chaque fois que je parle d'asexualité, des asexuels apparaissent, ce qui me rappelle combien on est, ici, et combien on est silencieux à notre sujet.
Ce qui mène à un certain nombre de séparations artificielles et à un manque de compréhension quand il s'agit de rapprocher les sexuels et les asexuels, un problème particulièrement important pour ceux qui se préoccupent de sujets tels que les carrefours entre la sexualité, les droits en matière de reproduction, et la justice sociale. Et c'est de ça que parle l'article d'aujourd'hui : un aperçu de ce qu'est l'asexualité et des sujets auxquels elle touche, dans l'espoir que ça pique votre intérêt et vous donne envie de rechercher plus d'informations. Un rappel que les asexuels sont tout autour de vous, et que vous devriez pensez à nous quand vous envisagez les thèmes de la sexualité, de l'orientation, et de l'identité.
L'asexualité est souvent définie comme l'absence d'attirance sexuelle. Définir quelque chose par ce que ce n'est pas est intrinsèquement non idéal, mais au moins c'est un bon début de définition. De façon générale, les asexuels n'éprouvent pas d'attirance sexuelle. Ceci nous différencie des gens qui choisissent l'abstinence pour des raisons religieuses, culturelles, personnelles ou autres. Les abstinents éprouvent bien de l'attirance sexuelle, même si ça peut aller et venir avec le temps. Nous non, même si c'est aussi quelque chose qui peut varier.
Certains asexuels aiment bien dire que les gens devraient utiliser cette identité tant qu'elle leur est utile, et l'abandonner quand elle ne l'est plus. Beaucoup de sexuels trouvent déroutant cette fluidité et cette souplesse autour des identités asexuelles, surtout dans les milieux où les identités sont vues comme figées. L'idée que les asexuels peuvent se déclarer ainsi sur la base d'une définition personnelle du mot, plutôt que sur celle imposée par la société, est aussi inconcevable pour certains. Nous, on discute de la nature de l'identité asexuelle, et de ce qui en fait partie ou pas, en essayant d'éviter de créer des tests définitifs qui excluent des gens.
L'asexualité n'est pas une pathologie ; ce n'est pas le résultat d'un traumatisme, ce n'est pas la conséquence de la peur ou de la haine du sexe, ce n'est pas le résultat de médicaments affaiblissant la libido. Les asexuels peuvent très bien connaître tout ça, mais il n'y a pas de cause à effet. Leur entrecroisement peut jouer un rôle complexe dans une identité asexuelle, mais ce n'en sera pas la seule facette.
En parlant d'entrecroisements, si un pour cent est une statistique correcte pour la population générale, il y a des communautés qui semblent avoir un taux d'asexuels plus élevé. Autour de quatre pour cent de la communauté transgenre se déclare asexuel, et je sais que je ne suis pas la seule personne asexuelle et transgenre à m'exprimer sur la justice sociale en ce moment. Comme l'a récemment démontré la diversité des participations au festival asexuel et du spectre autistique (Spectral Amoebas Blog Carnival), il y a beaucoup d'intersections entre l'asexualité et le handicap. Kaz étudie certaines intersections entre l'asexualité et le handicap, et les problèmes des préjugés courants sur chacun des deux, plus en détail ici, et je recommande vivement de lire ce post si vous voulez plus d'informations**.
On est beaucoup à penser que l'asexualité est une orientation sexuelle à part entière, et c'est important d'être conscient que c'est une orientation très variée. Être asexuel est aussi varié qu'être lesbienne ou hétérosexuel ; le terme peut recouvrir de nombreuses dimensions de l'identité. Certains asexuels s'intéressent beaucoup au sexe, et vont regarder des films pornographiques, écrire des nouvelles érotiques ou discuter de pornographie. Cet intérêt pour l'expression de la sexualité peut avoir différentes explications, selon la personne. Beaucoup d'entre nous s'intéressent au sexe sur un plan culturel si ce n'est sur un plan personnel, ou retirent du plaisir de genres spécifiques de littérature érotique et de porno (tout comme certains asexuels se masturbent). D'autres aiment le fait de créer quelque chose d'érotique pour un partenaire ou pour d'autres ; certains asexuels lisent et écrivent des fanfictions érotiques, par exemple. L'absence d'attirance sexuelle n'équivaut pas nécessairement à ne pas s'intéresser au sexe en tant que phénomène culturel et social. Comme un sexologue asexuel peut en témoigner, on peut s'intéresser au sexe au point d'en faire une carrière professionnelle ! Certains d'entre nous ont aussi des relations sexuelles, pour des raisons différentes ; l'asexualité ne veut pas dire qu'on n'a jamais de relations sexuelles, et ceux qui en ont ne deviennent pas des asexuels de seconde catégorie.
Certains asexuels s'orientent sur un continuum allant du romantisme à l'aromantisme, qui décrit la nature des attirances qu'ils ressentent. Être asexuel ne signifie pas qu'on n'est pas attiré par des gens, mais seulement que cette attirance n'est pas sexuelle. Ça ne veut pas dire non plus que la nature de cette attirance est intrinsèquement plus faible parce qu'il n'est pas question de sexe.
Certains asexuel sortent avec quelqu'un ou sont mariés, ou peuvent avoir des relations polyamoureuses avec des gens qui ont des degrés d'attirance différents les uns pour les autres. On peut être asexuel et queer, comme je le suis, asexuel et très amoureux de quelqu'un, comme le sont d'autres personnes. Beaucoup de gens paraissent surpris quand on parle de ces aspects de la vie parmi ces un pourcent, tout comme ils sont surpris d'apprendre que certains asexuels ont des pratiques BDSM, que d'autres peuvent aller dans des sex-clubs, à des évènements pour les fétichistes du cuir, ou travaillent dans un sex-shop.
La communauté asexuelle est vivante et complexe. On développe un langage commun pour compenser les manques de nos langues maternelles quand on veut décrire des aspects de l'asexualité et de nos vies, par exemple pour discuter du fait que le terme même d'asexuel est souvent employé abusivement pour décrire les gens qui n'ont pas de relations sexuelles, quelle qu'en soit la raison, ou pour se moquer de quelqu'un qui a refusé vos avances.
Parfois le jargon peut être déroutant et peu accueillant. Tout comme les gens qui entrent pour la première fois dans un lieu dédié au féminisme et à la justice sociale se trouvent perdus devant les mots inconnus, ou les mots connus utilisés différemment, les gens qui découvrent l'asexualité rencontrent souvent des choses déconcertantes, alors qu'on essaie de définir nos identités et de nous creuser une niche dans une société qui juge que les relations sexuelles ont plus de valeur que les autres, dévalorisant au passage les gens qui n'en ont pas.
Prenons rien qu'un exemple de la nécessité de la visibilité asexuelle et d'une plus grande inclusion des asexuels dans les discussions en cours dans les communautés féministes et de justice sociale. Inclure l'asexualité dans les discussions sur la sexualité est crucial. Les asexuels sont mal compris par les personnes sexuelles, et peuvent devenir la cible de harcèlements, surtout s'ils font partie d'autres minorités, comme les handicapés. Certaines personnes pensent que les asexuels ont besoin d'être "corrigés" afin d'être "guéris", et les asexuels peuvent subir d'énormes pressions les poussant à avoir des relations sexuelles, conduisant parfois à des viols et des agressions sexuelles. Il est possible que si notre langage pour décrire ces expériences est imparfait, c'est parce que les gens qui discutent de viol et d'agression sexuelle se concentrent sur les personnes sexuelles et ne réfléchissent pas à ce que peut ressentir un asexuel dans ces situations.
Il est crucial que l'asexualité ne soit pas inclue juste pour la forme, et de s'informer réellement à ce sujet, en parlant avec les asexuels, en lisant les documents qu'on créé pour nous-même, en nous incluant dans les discussions pour profiter de l'expérience qu'on peut apporter. Alors que des marches Take Back The Night*** ont lieu un peu partout dans le monde ce mois-ci, alors qu'avril est le mois de l'éducation sur les violences sexuelles, alors que je vois les journaux parler de la conférence End Violence Against Women (Stop à la violence contre les femmes) à Chicago, l'asexualité me préoccupe beaucoup. Pour pouvoir reprocher aux organisations de ne pas inclure l'asexualité, il faut déjà que l'asexualité soit connue.
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C'est un peu difficile de déterminer quel pourcentage de la population est asexuel, car on a tendance a être un groupe sous-étudié. Nous sommes partout, mais en grande partie invisibles, rajoutés après coup aux acronymes à la mode, mais sans qu'on s'adresse réellement à nous, sauf en de rares occasions. Une étude relativement récente a estimé notre nombre à environ un pourcent de la population générale.
Beaucoup de gens ne sont pas très curieux de ce qu'est la vie parmi ces un pourcent. En fait, beaucoup ont une compréhension imparfaite de ce que veut dire l'asexualité, et soit ont peur de demander soit ils s'en fichent. Malgré les efforts pour augmenter la visibilité de l'asexualité, la communauté asexuelle se trouve vraiment à l'écart des autres communautés qui participent à la justice sociale* et au militantisme. Beaucoup d'entre nous qui sont asexuels ont tendance à ne pas s'occuper de cet aspect-là de leur identité quand ils participent à la justice sociale. A chaque fois que je parle d'asexualité, des asexuels apparaissent, ce qui me rappelle combien on est, ici, et combien on est silencieux à notre sujet.
Ce qui mène à un certain nombre de séparations artificielles et à un manque de compréhension quand il s'agit de rapprocher les sexuels et les asexuels, un problème particulièrement important pour ceux qui se préoccupent de sujets tels que les carrefours entre la sexualité, les droits en matière de reproduction, et la justice sociale. Et c'est de ça que parle l'article d'aujourd'hui : un aperçu de ce qu'est l'asexualité et des sujets auxquels elle touche, dans l'espoir que ça pique votre intérêt et vous donne envie de rechercher plus d'informations. Un rappel que les asexuels sont tout autour de vous, et que vous devriez pensez à nous quand vous envisagez les thèmes de la sexualité, de l'orientation, et de l'identité.
L'asexualité est souvent définie comme l'absence d'attirance sexuelle. Définir quelque chose par ce que ce n'est pas est intrinsèquement non idéal, mais au moins c'est un bon début de définition. De façon générale, les asexuels n'éprouvent pas d'attirance sexuelle. Ceci nous différencie des gens qui choisissent l'abstinence pour des raisons religieuses, culturelles, personnelles ou autres. Les abstinents éprouvent bien de l'attirance sexuelle, même si ça peut aller et venir avec le temps. Nous non, même si c'est aussi quelque chose qui peut varier.
Certains asexuels aiment bien dire que les gens devraient utiliser cette identité tant qu'elle leur est utile, et l'abandonner quand elle ne l'est plus. Beaucoup de sexuels trouvent déroutant cette fluidité et cette souplesse autour des identités asexuelles, surtout dans les milieux où les identités sont vues comme figées. L'idée que les asexuels peuvent se déclarer ainsi sur la base d'une définition personnelle du mot, plutôt que sur celle imposée par la société, est aussi inconcevable pour certains. Nous, on discute de la nature de l'identité asexuelle, et de ce qui en fait partie ou pas, en essayant d'éviter de créer des tests définitifs qui excluent des gens.
L'asexualité n'est pas une pathologie ; ce n'est pas le résultat d'un traumatisme, ce n'est pas la conséquence de la peur ou de la haine du sexe, ce n'est pas le résultat de médicaments affaiblissant la libido. Les asexuels peuvent très bien connaître tout ça, mais il n'y a pas de cause à effet. Leur entrecroisement peut jouer un rôle complexe dans une identité asexuelle, mais ce n'en sera pas la seule facette.
En parlant d'entrecroisements, si un pour cent est une statistique correcte pour la population générale, il y a des communautés qui semblent avoir un taux d'asexuels plus élevé. Autour de quatre pour cent de la communauté transgenre se déclare asexuel, et je sais que je ne suis pas la seule personne asexuelle et transgenre à m'exprimer sur la justice sociale en ce moment. Comme l'a récemment démontré la diversité des participations au festival asexuel et du spectre autistique (Spectral Amoebas Blog Carnival), il y a beaucoup d'intersections entre l'asexualité et le handicap. Kaz étudie certaines intersections entre l'asexualité et le handicap, et les problèmes des préjugés courants sur chacun des deux, plus en détail ici, et je recommande vivement de lire ce post si vous voulez plus d'informations**.
On est beaucoup à penser que l'asexualité est une orientation sexuelle à part entière, et c'est important d'être conscient que c'est une orientation très variée. Être asexuel est aussi varié qu'être lesbienne ou hétérosexuel ; le terme peut recouvrir de nombreuses dimensions de l'identité. Certains asexuels s'intéressent beaucoup au sexe, et vont regarder des films pornographiques, écrire des nouvelles érotiques ou discuter de pornographie. Cet intérêt pour l'expression de la sexualité peut avoir différentes explications, selon la personne. Beaucoup d'entre nous s'intéressent au sexe sur un plan culturel si ce n'est sur un plan personnel, ou retirent du plaisir de genres spécifiques de littérature érotique et de porno (tout comme certains asexuels se masturbent). D'autres aiment le fait de créer quelque chose d'érotique pour un partenaire ou pour d'autres ; certains asexuels lisent et écrivent des fanfictions érotiques, par exemple. L'absence d'attirance sexuelle n'équivaut pas nécessairement à ne pas s'intéresser au sexe en tant que phénomène culturel et social. Comme un sexologue asexuel peut en témoigner, on peut s'intéresser au sexe au point d'en faire une carrière professionnelle ! Certains d'entre nous ont aussi des relations sexuelles, pour des raisons différentes ; l'asexualité ne veut pas dire qu'on n'a jamais de relations sexuelles, et ceux qui en ont ne deviennent pas des asexuels de seconde catégorie.
Certains asexuels s'orientent sur un continuum allant du romantisme à l'aromantisme, qui décrit la nature des attirances qu'ils ressentent. Être asexuel ne signifie pas qu'on n'est pas attiré par des gens, mais seulement que cette attirance n'est pas sexuelle. Ça ne veut pas dire non plus que la nature de cette attirance est intrinsèquement plus faible parce qu'il n'est pas question de sexe.
Certains asexuel sortent avec quelqu'un ou sont mariés, ou peuvent avoir des relations polyamoureuses avec des gens qui ont des degrés d'attirance différents les uns pour les autres. On peut être asexuel et queer, comme je le suis, asexuel et très amoureux de quelqu'un, comme le sont d'autres personnes. Beaucoup de gens paraissent surpris quand on parle de ces aspects de la vie parmi ces un pourcent, tout comme ils sont surpris d'apprendre que certains asexuels ont des pratiques BDSM, que d'autres peuvent aller dans des sex-clubs, à des évènements pour les fétichistes du cuir, ou travaillent dans un sex-shop.
La communauté asexuelle est vivante et complexe. On développe un langage commun pour compenser les manques de nos langues maternelles quand on veut décrire des aspects de l'asexualité et de nos vies, par exemple pour discuter du fait que le terme même d'asexuel est souvent employé abusivement pour décrire les gens qui n'ont pas de relations sexuelles, quelle qu'en soit la raison, ou pour se moquer de quelqu'un qui a refusé vos avances.
Parfois le jargon peut être déroutant et peu accueillant. Tout comme les gens qui entrent pour la première fois dans un lieu dédié au féminisme et à la justice sociale se trouvent perdus devant les mots inconnus, ou les mots connus utilisés différemment, les gens qui découvrent l'asexualité rencontrent souvent des choses déconcertantes, alors qu'on essaie de définir nos identités et de nous creuser une niche dans une société qui juge que les relations sexuelles ont plus de valeur que les autres, dévalorisant au passage les gens qui n'en ont pas.
Prenons rien qu'un exemple de la nécessité de la visibilité asexuelle et d'une plus grande inclusion des asexuels dans les discussions en cours dans les communautés féministes et de justice sociale. Inclure l'asexualité dans les discussions sur la sexualité est crucial. Les asexuels sont mal compris par les personnes sexuelles, et peuvent devenir la cible de harcèlements, surtout s'ils font partie d'autres minorités, comme les handicapés. Certaines personnes pensent que les asexuels ont besoin d'être "corrigés" afin d'être "guéris", et les asexuels peuvent subir d'énormes pressions les poussant à avoir des relations sexuelles, conduisant parfois à des viols et des agressions sexuelles. Il est possible que si notre langage pour décrire ces expériences est imparfait, c'est parce que les gens qui discutent de viol et d'agression sexuelle se concentrent sur les personnes sexuelles et ne réfléchissent pas à ce que peut ressentir un asexuel dans ces situations.
Il est crucial que l'asexualité ne soit pas inclue juste pour la forme, et de s'informer réellement à ce sujet, en parlant avec les asexuels, en lisant les documents qu'on créé pour nous-même, en nous incluant dans les discussions pour profiter de l'expérience qu'on peut apporter. Alors que des marches Take Back The Night*** ont lieu un peu partout dans le monde ce mois-ci, alors qu'avril est le mois de l'éducation sur les violences sexuelles, alors que je vois les journaux parler de la conférence End Violence Against Women (Stop à la violence contre les femmes) à Chicago, l'asexualité me préoccupe beaucoup. Pour pouvoir reprocher aux organisations de ne pas inclure l'asexualité, il faut déjà que l'asexualité soit connue.
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* La justice sociale vise à l'égalité des droits et à la solidarité collective.
** Le lien est mort, je sais. Mais la page est encore dans le cache de Google.
*** Take Back The Night est une manifestation contre le viol et les violences sexuelles.
*** Take Back The Night est une manifestation contre le viol et les violences sexuelles.
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